Soutien à la culture: Macron rend hommage à la "très grande réouverture du pays" sous Mitterrand

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En déplacement à Nevers pour une visite consacrée à la culture, dont les secteurs se déconfinent après des mois d'apnée, le chef de l'État a célébré l'héritage de son lointain prédécesseur en la matière.

Difficile de ne pas évoquer le parallèle. En déplacement ce vendredi à Nevers pour une visite consacrée au secteur de la culture, qui se déconfine après des mois en apnée totale, Emmanuel Macron a été interrogé au sujet du regard qu'il porte sur le legs de François Mitterrand, élu de la Nièvre pendant des décennies. La date, aussi, s'y prêtait, 40 ans jour pour jour après la marche du président socialiste vers le Panthéon à la suite de son élection historique

"On est toujours bien inspiré de ne pas parler de son empreinte, parce que ce n'est pas à soi de le dire", a d'abord prudemment répondu le chef de l'État. "François Mitterrand a correspondu, à la fois lui-même par son projet et Jack Lang qui a été son ministre de la Culture, (...) à un moment de très grande réouverture du pays", a-t-il fait observer.

Lien entre la culture et l'État

Emmanuel Macron fait ainsi allusion à la période de légalisation des radios privées, entérinée par le gouvernement de François Mitterrand dès 1981. "Une ouverture de la créativité sur tout un champ culturel", estime l'actuel président de la République, qui a également évoqué les "grands travaux" mis en œuvre à Paris sous la tutelle de son lointain prédécesseur. 

"Il y a eu (...) des rythmes progressifs. Un peu plus de 20 ans plus tôt, nos villes ont été marquées par les maisons de la culture, (...) grand projet du président de Gaulle et Malraux. Là, ça a été un moment où (...) des secteurs entiers de la culture se sont ouverts, où une diversité, un pluralisme, de nouveaux artistes ont pu apparaître sur la scène", a-t-il énuméré.

Le locataire de l'Elysée, qui a annoncé un élargissement de l'accès au pass culture à tous les jeunes de 18 ans, a rappelé combien, en France, la culture avait un lien étroit avec l'État "et la vie de la Nation, parce que nous sommes ainsi faits". "Je crois que la France a toujours su trouver cette grammaire très particulière et intime avec la culture, qui a consisté à soutenir l'art sans s'enfermer dans un art officiel", s'est-il réjoui. 

"À la fois, il y a eu (...) l'explosion du budget de la Culture avec l'arrivée de François Mitterrand, (...) le prix unique du livre, (...) mais il y a eu aussi une formidable liberté culturelle, et je crois que c'est ça dont il faut qu'on se félicite aujourd'hui", a poursuivi Emmanuel Macron.

"Le risque de l'homogénéité"

Selon lui, "le moment que nous vivons est (...) extrêmement différent". "Nous, nous devons aujourd'hui réussir à offrir à nos artistes, mais aux artistes du monde entier qui décident de créer en langue française, (...) la possibilité de créer de manière indépendante", juge-t-il, se montrant insistant sur l'enjeu de la protection du droit d'auteur et de ses droits voisins. 

"Le risque qui est le nôtre, (...) c’est le risque de l’homogénéité. (...) Le risque, paradoxalement, dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, c’est qu’alors qu’on a accès à tout, on a le sentiment que les contenus pourraient se ressembler de plus en plus. Donc il faut permettre à ses voix plurielles de continuer à s'exprimer, à la créativité singulière de continuer à œuvrer", a-t-il développé, évoquant les risques induits par les grandes plateformes de streaming.

Article original publié sur BFMTV.com

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