Soupçons de tromperie : Renault totalement braqué

Libération.fr
Carlos Ghosn, PDG de Renault, à Washington le 2 mars.

Dans le viseur de la Répression des fraudes, le groupe dément avoir triché sur les émissions de ses moteurs et assure avoir ignoré qu’on lui reprochait de tels faits. Une stratégie mise à mal par les éléments de la procédure.

Les contre-feux sont allumés. Après un moment de silence et une fin de non-recevoir opposée aux questions de Libération, Renault sort de sa réserve. Il faut dire que le titre du constructeur au losange a perdu 8 % en Bourse ces deux derniers jours. Le numéro 2 du groupe, Thierry Bolloré, s’est lancé dans une tournée des rédactions afin de marteler la position de Renault. L’argumentaire, tantôt à visage découvert, tantôt sous forme de confidences en «off», suivant les journaux, tient en deux points : d’abord, l’entreprise ignore tout de ce qui lui est reproché, ensuite elle n’a jamais franchi la ligne jaune dans ses émissions de polluants et a toujours respecté les normes. Il n’y aurait donc aucune volonté délibérée de sa part de contourner les règles antipollution.

Bureaux «stérilisés». La réalité du dossier est visiblement plus nuancée. Lorsque la Direction générale de la concurrence, la consommation et la répression des fraudes (DGCCRF) rend sa copie en novembre 2016, le dossier atterrit au parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) dont dépend le siège de Renault. Les magistrats décident alors de le transmettre au parquet de Paris qui, en quelques jours, opte pour l’ouverture d’une information judiciaire en nommant non pas un mais trois juges d’instruction. Un dispositif choisi compte tenu de l’importance et de la complexité du dossier. Dans le cas où l’un des magistrats, en cours de procédure, serait appelé à d’autres fonctions, il faut que ses deux collègues puissent poursuivre l’affaire sans interruption. A aucun moment la justice n’a donc choisi de classer le dossier.

Sur le fond, Renault répète inlassablement ne pas être au courant de ce qui lui est reproché. La manière dont a été menée l’enquête contredit quelque peu cette ligne de défense. (...)

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