Soupçons de financement illégal : la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2022 visée par une enquête sur ses comptes

Les infractions visées concernent les chefs de « prêt d’une personne morale à un candidat en campagne électorale, acceptation par un candidat en campagne de prêt d’une personne morale, détournement de biens par des personnes exerçant une fonction publique, escroquerie commise au préjudice d’une personne publique, faux et usage de faux », a détaillé le parquet. La nature des soupçons n’a pas été détaillée par le parquet. L’avocat de Marine Le Pen, Maître Rodolphe Bosselut affirme, dans un communiqué que « [sa] cliente n’a jamais été entendue à quelque titre que ce soit sur aucun fait en lien avec ce reproche général ». « Elle fait face aujourd’hui à une campagne médiatique à laquelle elle ne peut même pas répondre, ni se défendre, à défaut de griefs précis portés à sa connaissance qui pourraient faire l’objet d’une réponse circonstanciée », a-t-il ajouté, précisant avoir demandé « en vain » des précisions au parquet. « Le procédé consistant à lancer une accusation vague insusceptible d’être contestée et débattue, et à mettre ainsi au pilori médiatique ma cliente, est inique », a considéré Me Bosselut.

Selon l’AFP, le signalement de la CNCCFP a été effectué en 2023. Pour rappel, la CNCCFP est chargée de contrôler le respect des règles de dépenses des candidats. Ces dépenses sont plafonnées et en partie remboursées par l’Etat. En décembre 2022, la CNCCFP avait épinglé le RN pour des dépenses destinées au « flocage et déflocage » d’une douzaine de cars utilisés pendant la campagne. Montant de l’opération, 316 182 euros, une dépense considérée comme irrégulière. En 2017, déjà, une partie des dépenses de campagne du RN (873 576 euros) avaient été retoquées par la CNCCFP.

Ouverture du procès de Marine Le Pen le 30 septembre

Après sa défaite électorale, Marine Le Pen devra se défendre devant les tribunaux dès l’automne dans l’affaire des assistants parlementaires au Parlement européen. Le procès doit s’ouvrir le 30 septembre, devant le tribunal correctionnel de Paris. Dans cette affaire, le RN est soupçonné d’avoir utilisé les fonds du Parlement européen, destinés aux assistants parlementaires, au bénéfice de personnes travaillant directement pour le parti. Les détournements de fonds auraient duré de 2004 à 2016. 24 personnes, en plus de Marine Le Pen sont ciblées dans cette affaire, l’ancienne candidate à la présidence de la République continue de clamer son innocence.

En juin, la Cour de cassation a validé définitivement la condamnation du RN dans l’affaire des kits de campagne, utilisés par les candidats frontistes lors des élections législatives de 2012 et remboursés par l’Etat.

Avec AFP