Soupçons de corruption: procès requis contre l'ancien préfet Alain Gardère

Le parquet de Paris a requis un procès pour corruption, détournements de fonds publics et prise illégale d'intérêts contre l'ex-préfet Alain Gardère à l'issue d'une vaste enquête sur le réseau d'influence de l'ancien "grand flic", a-t-on appris mercredi de source proche du dossier.

Dans ses réquisitions signées le 18 juillet, le parquet demande qu'Alain Gardère, 65 ans, soit jugé entre autres pour abus d'autorité, corruption passive par agent public, prise illégale d'intérêts, détournements de fonds publics et blanchiment de fraude fiscale, selon cette source, confirmant une information du Monde.

Le vice-procureur a requis également un procès pour quinze autres personnes, notamment des patrons de sociétés de sécurité ou du BTP, un maire et deux anciens élus franciliens.

Il revient désormais à la juge d'instruction financière Aude Buresi, qui dirige cette information judiciaire ouverte en 2015, de se prononcer sur le renvoi ou non en correctionnelle des seize suspects.

"C'est une affaire qui est maintenant ancienne, mon client est retraité et vit en province", a réagi auprès de l'AFP Me Jean Veil, qui défend M. Gardère.

Ancien commissaire proche de Nicolas Sarkozy quand il était à Beauvau puis à l'Elysée, Alain Gardère a été préfet en charge de la sécurité à Marseille en 2011, puis aux aéroports de Roissy et du Bourget (2012-2014). En 2015-2016, il a dirigé le Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps), sous la tutelle du ministère de l'Intérieur.

Il est accusé d'avoir usé de son influence pour rendre de nombreux services en échange de cadeaux pour lui et son entourage (restaurants de luxe, travaux, places de concert, vacances...), notamment lorsqu'il était au Cnaps.

L'ancien haut-fonctionnaire aurait entre autres, octroyé un emploi fictif, favorisé l'obtention illégitime d'agréments à des agents de sécurité et facilité l'obtention de marchés en matière de sécurité.

Au cours de la procédure, M. Gardère a été mis en examen en 2016 puis en 2017 pour plusieurs infractions.

Outre ces avantages et services, l'enquête s'est intéressée au patrimoine immobilier de M. Gardère et à ses relations avec Antonio de Sousa, qui dirigeait la société France Pierre.

Le promoteur immobilier, pour lequel le parquet demande aussi un procès, est accusé d'avoir accordé des faveurs à des élus franciliens pour obtenir des décisions favorables en matière d'urbanisme et octroyé des prix avantageux à M. Gardère dans la vente de deux appartements.

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