"Soulagement!": la liesse des partisans de Joe Biden à Washington

Inès BEL AIBA
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Sur les balcons avec des casseroles, dans la rue avec des klaxons: les cris de joie ont fusé samedi à Washington chez les partisans de Joe Biden sitôt annoncée sa victoire à la Maison Blanche, avec un sentiment largement partagé dans cette ville farouchement anti-Trump: le soulagement.

Son nourrisson dans les bras sous un soleil quasi estival, Alex Norton, 31 ans, est venue participer à la liesse devant la résidence présidentielle à Washington.

"Soulagée. Très soulagée", dit la jeune femme dans un éclat de rire. "On sait enfin qu'on ne va pas avoir quatre ans de plus de Donald Trump!".

"J'attends ce jour depuis tant d'années!", lance de son côté Jack Nugent, 24 ans, tandis qu'Amanda Levin, 28 ans, qui travaille sur le changement climatique, dit avoir hâte "de ne plus batailler avec le gouvernement mais plutôt de travailler avec lui" sur ce sujet.

Des milliers de personnes ont comme eux convergé vers "Black Lives Matter Plaza", une partie de l'artère menant à la Maison Blanche ainsi renommée au printemps pour dénoncer les violences policières contre les Noirs américains.

Les rues autour du 1600 Pennsylvania Avenue avaient des airs de fête, et un groupe de "go-go", un genre musical proche du funk typique de la capitale, faisait danser les manifestants sur la place McPherson.

Un contraste frappant avec 2016, lorsque Washington, bastion démocrate qui avait voté à plus de 90% pour Hillary Cinton, avait appris, sonnée, la victoire de Donald Trump.

Ce jour-là, sous la grisaille, un silence pesant régnait dans les rues, et des habitants au visage fermé échangeaient des regards de commisération dans les cafés.

- Apaisement -

Samedi, agitant des drapeaux "Biden-Harris", tous ou presque masqués pour cause de pandémie, les manifestants levaient le poing, se félicitaient, poussaient des cris de joie.

Très remarqué, l'un d'eux, armé d'un haut-parleur, faisait flotter un ballon représentant Donald Trump en bébé grincheux, et circulait pour le plus grand plaisir des autres en chantonnant, "Tu es viré, Donald Trump, tu es viré". Clin d'oeil à la phrase fétiche du milliardaire dans l'émission "The Apprentice".

Pour Alex, une manifestante de 30 ans qui travaille dans un centre de recherches de la capitale, l'événement signe aussi la fin de quatre jours "d'angoisse" et "de gros maux d'estomac".

"Je suis heureuse, pleine d'espoir. J'étais pessimiste" mais la victoire de Joe Biden "montre que nous pouvons encore croire au rêve américain, que nous pouvons être à la hauteur de nos idéaux", dit-elle, moitié du visage cachée par un masque "Biden-Harris".

Après le tumulte des quatre dernières années, Harold Moses, de passage à Washington depuis San Francisco, a hâte que la vie publique soit plus apaisée.

Cet homme noir de 48 ans, pour qui le mandat de Donald Trump a été "très, très pesant" du fait de la libération chez certains d'une parole raciste, pense que Joe Biden "apportera (du calme) dans le coeur et l'esprit de beaucoup de gens". 

Qu'on ait voté pour lui ou pas, "au moins sa main tendue est là", vers ceux qui ne le soutiennent pas, ajoute-t-il.

Comme dans la capitale fédérale, des milliers de personnes sont descendues exprimer leur bonheur dans la rue à Philadelphie, New York ou encore Atlanta.

Ailleurs toutefois, dans des fiefs républicains, l'ambiance était loin d'être à la fête.

Erin habite à College Station, au Texas. Elle a préparé le champagne pour samedi soir et "poussé des cris de joie" chez elle, mais autour, dans sa banlieue résidentielle, décrit-elle, règne "un silence de mort".

iba/la