"Je suis soulagé": Olaf Scholz espère la formation d'un "gouvernement constructif" en France

Le chancelier allemand Olaf Scholz a dit espérer ce lundi 8 juillet la formation d'"un gouvernement constructif" en France après des élections législatives qui ont contenu la menace de l'extrême droite et porté la gauche en tête mais sans majorité absolue.

"Tout le gouvernement allemand et moi sommes soulagés. Cela aurait été un grand défi si le président français avait dû accepter une cohabitation avec un parti populiste de droite", a déclaré le dirigeant social-démocrate devant la presse.

"Cela a été évité et maintenant nous espérons que le président mais aussi les députés élus réussiront à former un gouvernement constructif", a-t-il ajouté.

"Je suis soulagé par le résultat des élections en France, dont le peuple français s'est assuré. C’est une bonne nouvelle pour l’amitié franco-allemande", a-t-il ensuite écrit sur X.

"Rassurant serait un mauvais mot"

Olaf Scholz a dit aussi "se réjouir" du résultat dans l'optique de "la si importante amitié franco-allemande", considérée comme le moteur de l'Europe, et de la "bonne relation personnelle" qu'il entretient avec Emmanuel Macron.

"Nous observerons comment (...), dans cette situation très inhabituelle, un gouvernement se formera", avait plus tôt commenté le porte-parole du chancelier Steffen Hebestreit, au cours d'une conférence de presse, soulignant qu'Olaf Scholz aurait l'occasion d'en discuter avec Emmanuel Macron à Washington, pendant le sommet de l'Otan organisé de mardi à jeudi.

Le ministre allemand de l'Économie et vice-chancelier Robert Habeck a lui aussi exprimé sa satisfaction mais également son inquiétude. "Il est bon que les nationalistes ne soient pas toujours plus forts en Europe", a-t-il déclaré à la télévision privée WeltTV ce lundi, mais "rassurant serait un mauvais mot" pour décrire la situation.

La formation d'un gouvernement s'annonce "très difficile", donc "on ne peut pas dire que tout s'est bien passé", a estimé le ministre écologiste, ajoutant que "l'attention doit continuer de se porter" sur les événements à venir en France.

L'Allemagne, habituée aux gouvernements de coalition

"La constitution d'un gouvernement va être compliquée", avait également affirmé responsable du parti social-démocrate ce dimanche, appelant les "partis démocratiques" français à faire preuve de "flexibilité" et de "capacité de compromis".

L'Allemagne craignait l'impact d'une victoire du RN et d'une nomination de son président Jordan Bardella au poste de Premier ministre sur les relations entre les deux pays et sur l'Union européenne. Olaf Scholz s'était même dit "inquiet" avant le deuxième tour, espérant qu'une majorité d'extrême droite ne se forme pas en France.

"Nous sommes avec nos camarades qui font tout pour que cela ne se passe pas. Nous sommes avec tous les démocrates en France", avait-il dit.

L'Allemagne, qui fonctionne avec un régime parlementaire depuis 1949, est rodée à la formation de coalitions gouvernementales parfois hétéroclites, qui mettent parfois plusieurs mois à se constituer autour d'un contrat de gouvernement. C'est le cas de celle que dirige l'actuel chancelier, Olaf Scholz, qui inclut à gauche des sociaux-démocrates et des écologistes, et à droite des Libéraux.

Article original publié sur BFMTV.com