"La souffrance, je l'ai vue de très près": Bernard Cazeneuve raconte la nuit des attentats du 13-Novembre

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Bernard Cazeneuve sur notre plateau ce mardi soir. - BFMTV
Bernard Cazeneuve sur notre plateau ce mardi soir. - BFMTV

À la veille de l'ouverture du procès des attentats du 13-Novembre, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur au moment des attentats (de 2014 à 2016), se souvient sur BFMTV du déroulement de la nuit des attaques perpétrées à Paris et à Saint-Denis.

Sur le plateau du 22H Max ce mardi, Bernard Cazeneuve raconte qu'il ne se rend compte que la France est frappée par un attentat que "quelques dizaines de minutes après le début de l'attaque à Saint-Denis".

"Nous sommes choqués et dévastés par la tristesse"

"C'est d'abord François Hollande qui m'appelle sur mon portable, m'indiquant qu'il a entendu une détonation à l'extérieur du stade, qu'il s'interroge sur ce qui est en train de se produire", se remémore l'ancien ministre, qui poursuit: "au moment où je raccroche, le préfet de police m'appelle pour m'indiquer qu'il s'agit vraissemblablement d'un attentat. Je me rend immédiatement au Stade de France pour y retrouver le président".

Puis "au moment où nous rentrons à Paris pour participer à la cellule interministérielle de crise, nous apprenons le déroulement des attaques et comprenons que ce qui est redouté partout en Europe depuis des mois, une attaque de masse est en train de se produire", se souvient Bernard Cazeneuve.

L'ex-ministre socialiste se rappelle d'"une impression très étrange", "un conflit qui s'exprime à l'intérieur" de lui ce soir-là. Il raconte: "D'abord nous sommes choqués et dévastés par la tristesse (...) et puis en même temps très concentrés sur les missions qui nous incombent". "Dans ces moments-là, la concentration au sein de l'appareil d'État est extrême", résume-t-il.

"Le silence (des prévenus) est la manifestation de leur lâcheté"

Bernard Cazeneuve rappelle qu'à ce moment-là, "les trois priorités" des autorités sont les suivantes: d'abord, "sauver les vies de ceux qui sont dans la salle du Bataclan et sont otages des terroristes". Ensuite, "faire en sorte que les secours soient acheminés dans les meilleures conditions possibles" pour venir en aide aux victimes. Et enfin tenter de répondre à la question "est-ce qu'il peut y avoir d'autres attaques sur notre territoire, en Europe?".

"La souffrance, je l'ai vue de très près et j'ai vu les dégâts qu'elle occasionnait. Donc je n'ai aucune complaisance envers" les individus qui vont être jugés à partir de ce mercredi.

Selon Bernard Cazeneuve, "leur silence est encore une fois la manifestation de leur lâcheté". "Nous sommes dans un état de droit, et ce que ce procès doit apporter comme démonstration, c'est la capacité de l'État de droit à continuer à fonctionner, afin de faire en sorte que les grands principes humanistes soient toujours préservés".

Le procès des attentats du 13 novembre 2015, qui s'ouvre mercredi devant la cour d'assises spéciale de Paris, est la plus grande audience criminelle jamais organisée en France, six ans après les attaques terroristes les plus meurtrières commises sur le sol français. La cour d'assises spéciale doit juger, jusqu'au 24 ou au 25 mai 2022, 20 accusés, dont Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie des commandos téléguidés par le groupe Etat islamique qui ont fait 130 morts et plus de 350 blessés à Paris et Saint-Denis, et profondément traumatisé le pays.

Article original publié sur BFMTV.com

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