Le Soudan veut sauver son économie grâce à la normalisation des relations avec Israël

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La normalisation des relations entre le Soudan et Israël avance à petits pas et divise la société soudanaise. Dimanche, Khartoum a annoncé de prochaines discussions entre Soudanais et Israéliens en vue de conclure un large accord jetant les bases de leur future coopération. Mais le Soudan, dont l’économie est en déliquescence, a besoin d’aide en échange.

Avec notre correspondant régional, Sébastien Németh

La normalisation avec Israël est sur les rails. Dimanche, le ministre soudanais des Affaires étrangères a annoncé que des délégations des deux pays allaient se rencontrer dans les prochaines semaines pour négocier des accords. La coopération portera sur l’agriculture, l’aviation, le commerce et l’immigration, a expliqué Omar Gamar-Eddin.

Soulager la dette et envoi de denrées alimentaires

Dans le même temps, Khartoum commence déjà à voir les fruits de ce rapprochement en devenir. Selon le ministre soudanais, les États-Unis doivent travailler avec leurs partenaires pour soulager le Soudan de sa dette étrangère de 60 milliards de dollars. Omar Gamar-Eddin a aussi indiqué qu’Israël devrait aider les Soudanais à consolider leur démocratie, leur sécurité alimentaire et à combattre le terrorisme, sans en dire plus.

Le bureau du Premier ministre israélien a, de son côté, annoncé dimanche l’envoi immédiat, « à nos amis soudanais » a-t-il dit, d’une cargaison de blé équivalent à 5 millions de dollars. Soit la première transaction commerciale entre les deux pays depuis plus d’un demi-siècle.

L’agence de presse soudanaise a dévoilé que les Émirats arabes unis, qui ont reconnu Israël il y a deux mois, avaient déjà envoyé 67 000 tonnes de blés. Des discussions avec le PAM pour 40 000 tonnes supplémentaires seraient en cours.
Pour autant, on se demande quand et comment la normalisation avec Israël sera officiellement entérinée. Plusieurs personnalités, notamment le Premier ministre Hamdok, veulent par exemple que la procédure passe par l’Assemblée. Or l’institution n’est toujours pas formée.

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