Le Soudan du Sud et l'Ouganda se rejettent la faute après un incident à leur frontière

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Un incident frontalier entre le Soudan du Sud et l'Ouganda, jeudi, a entraîné des affrontements entre les armées des deux pays. Selon Juba, quatre soldats, deux de chaque pays, ont été tués. Un militaire sud-soudanais aurait été fait prisonnier.

Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Nemeth

Sud-Soudanais et Ougandais se pointent mutuellement du doigt, tout en cherchant un compromis. Juba affirme que le 29 octobre, vers 13h, une unité ougandaise lourdement armée a franchi la frontière illégalement au niveau de Pogee, dans le sud-est du pays.

Selon un porte-parole de l'armée, un militaire sud-soudanais serait allé voir ce qu'il se passait. Il aurait essuyé des tirs avant d'être capturé par les UPDF (Uganda People's Defence Force). « Nos hommes sont alors partis en renfort et ils sont tombés dans une embuscade. Après avoir battu en retraite, nos forces ont repris le contrôle de la zone », a indiqué le major-général Lul Ruai Koang, porte-parole de l'armée sud-soudanaise.

Côté ougandais, la version est toute autre. Kampala accuse les Sud-Soudanais d'être entrés en Ouganda et d'avoir harcelé la population locale à propos d'une moto. « La population nous a appelés et quand nos soldats sont arrivés, les autres ont tout de suite tiré », a indiqué Flavia Byekwaso, porte-parole des UPDF. Au passage, elle ne reconnaît aucune perte côté ougandais, tout en évoquant un possible malentendu.

Un dialogue est en cours entre Juba et Kampala, notamment pour récupérer le prisonnier et les dépouilles. En effet, les UPDF auraient emmené les corps des militaires sud-soudanais dans leurs casernes de Gulu, à une centaine de kilomètres de la frontière. Selon le major-général Lul Ruai Koang, les Ougandais devaient rendre les corps ce matin. Il a estimé que les relations restaient cordiales entre les deux voisins, mais qu'il fallait démarquer précisément la frontière pour éviter d'autres incidents.