Soudan : la séparation de l’État et de la religion loin d’être gagnée

Par Augustine Passilly, à Khartoum
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Même si le lieutenant-général Abdel Fattah Abdelrahman al-Burhan, chef du Conseil souverain de transition, a ratifié, le 28 mars, une « déclaration de principes » prévoyant la sécularisation de l’État, rien n'est gagné alors que des négociations doivent être engagées le 25 mai prochain.
Même si le lieutenant-général Abdel Fattah Abdelrahman al-Burhan, chef du Conseil souverain de transition, a ratifié, le 28 mars, une « déclaration de principes » prévoyant la sécularisation de l’État, rien n'est gagné alors que des négociations doivent être engagées le 25 mai prochain.

Le Soudan a mis un terme, en 2019, à trente années de dictature islamiste. Deux ans après l'éviction d'Omar el-Béchir, les lois demeurent cependant largement basées sur la charia. Deux groupes rebelles actifs dans le sud du pays, où la proportion de chrétiens, animistes et athées s'avère plus importante que dans le reste du pays, ont, par conséquent, conditionné leur désarmement à la séparation de la religion et de l'État. Leur obstination a contraint le général Abdel Fattah al-Burhan, chef du Conseil souverain de transition, à ratifier, le 28 mars, une « déclaration de principes » prévoyant la sécularisation de l'État. Une avancée, certes, mais à l'avenir incertain, car conditionné au devenir des négociations qui débuteront le 25 mai à Juba, capitale du Soudan du Sud.

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Une intense lutte de pouvoirs

Ladite déclaration a par ailleurs été paraphée par Abdelaziz al-Hilou, à la tête du Mouvement populaire de libération du Soudan du Nord (SPLM-N), l'une des deux formations non-signataires de l'accord de paix de Juba du 3 octobre dernier. « C'est un homme de principe qui cherche un réel changement », estime Elshareef Ali Mohammed, avocat de l'ONG Sudanese Human Rights Initiative, en cours d'écriture d'une thèse sur la liberté religieuse au Soudan. Pour autant, la concrétisation de cette déclaration « ne sera pas facile, prévient-il. Tout dépend de la volonté des militaires pour trouver un compromis. »

Elshareef Ali M [...] Lire la suite