Soudan: nouvelles violences à la frontière avec l'Ethiopie

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Selon plusieurs médias soudanais, six civils auraient été tués et deux personnes disparues après de nouvelles violences à la frontière avec l’Ethiopie, lundi 11 janvier. Les deux voisins s’accusent mutuellement et la tension continue d’être forte dans la région du triangle de el-Fashaga, une zone fertile revendiquée par les deux pays.

Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh

Plusieurs sources soudanaises mettent en cause les Shifta. Ces miliciens éthiopiens, supplétifs de l’armée, auraient attaqué le village de Leya alors que les habitants récoltaient le maïs.

L’armée soudanaise serait intervenue pour repousser les assaillants, mais des soldats éthiopiens se seraient également mêlés aux affrontements. Des avions de chasse éthiopiens auraient également survolé la zone, dans un développement inquiétant de cette crise qui continue de s’envenimer.

L’armée soudanaise aurait récupéré les corps des civils tués avant de les enterrer en présence de responsables militaires et d’habitants.

Cette zone très fertile est depuis des décennies en partie occupée par les Ethiopiens. Mais depuis que la guerre au Tigré a commencé, les moyens militaires d’Addis Abeba sont redéployés au nord et l’armée soudanaise en a profité pour reprendre une partie de ces terres, dont la démarcation n’a jamais été claire…

Ce nouvel incident a entraîné un coup de colère du gouverneur soudanais d’El Gedaref. Souleiman Ali a déclaré que Khartoum « n’abandonnerait pas un centimètre carré de territoire ». Il a promis de « restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de la frontière », avec notamment un plan de développement pour consolider la présence soudanaise.

Dina Mufti, porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères, a lui accusé le Soudan de continuer à étendre sa présence sur le territoire éthiopien. Il a estimé que son pays avait tenté de régler la crise de façon pacifique, ajoutant que la guerre n’était pas une option. Toutefois, Dina Mufti a précisé que la patience éthiopienne avait ses limites.