Soudan : les nomades marchands de chameaux se soucient peu de la révolution

franceinfo Afrique avec agences
Au marché aux bestiaux, à 100 kilomètres à l'ouest de Khartoum, un journaliste de l'AFP a rencontré les hommes du désert qui ne s'intéressent qu'au prix des chameaux. Certains regrettent même la chute de Omar el-Béchir.

Dans une odeur de fauve, des dizaines de marchands de chameaux rassemblent leurs troupeaux sur le marché d'El Molih, à environ 100 km à l'ouest de Khartoum. Guidés par le commerce et le gain, ces hommes du désert sont loin de la révolte soudanaise.

"Boire du lait de chamelle suffit à me rendre heureux"

"Manifester ? Nous avons tout dans le désert : l'eau, la nourriture et le bétail. Nous n'avons pas de revendication", explique calmement Ali Habiballah, 52 ans. Comme son père et le père de son père avant lui, cet homme à la peau tannée, aux yeux d'un noir profond et au reflet de ceux qui ont trop vu le soleil, vend et élève des chameaux aux confins du pays.

Depuis le 19 décembre, après la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, le Soudan est secoué par un mouvement de contestation qui a précipité la chute du président Omar el-Béchir en avril, après 30 ans de règne.

"J'aime le désert, et boire du lait de chamelle suffit à me rendre heureux. On ne s'occupe pas de politique, on ne va pas à Khartoum", dit Ali Habiballah, appuyé sur un long bâton dont il se sert pour conduire les animaux. Près de lui, son jeune fils, en habit traditionnel blanc et veston, monte fièrement un chameau sur une selle en cuir richement décorée de pièces de métal.

Sur ce (...)

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