Soudan: des mesures contre les deux-roues après de nombreux vols et agressions

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Au Soudan, les conducteurs de moto de la capitale, Khartoum, ne pourront désormais plus transporter de passager à l'arrière de leurs deux-roues et ce jusqu'à nouvel ordre. Décision prise par le gouverneur de l'État pour lutter contre la multiplication des vols violents, parfois à main armée, par des individus montés sur des motos. Le Soudan fait face à une vague de criminalité sans précédent alors que le pays s'enfonce dans une grave crise économique six mois après le coup d'État militaire.

Avec notre correspondant à Khartoum, Eliott Brachet

On les surnomme les « tiss'a tawila ». Ils opèrent souvent en bande, répétant les mêmes techniques : un homme conduit la moto, fait le tour d'un passant en quelques secondes, le temps que son ou ses complices à l'arrière arrachent le sac ou le téléphone de leur victime.

Ces dernières semaines, en plein mois de Ramadan, le phénomène est dans toutes les discussions et enflamme les réseaux sociaux. Une myriade de vidéos montre des citoyens se faire justice eux-mêmes dès lors qu'ils ont intercepté les voleurs. Les malfaiteurs sont roués de coups, parfois attachés à des poteaux puis lynchés en public, leurs deux-roues incendiés. Un déchainement de violence que nombre d'habitants trouvent légitime face à l'inaction des autorités.

Stratégie du chaos ?

Les contrevenants à cette mesure s'exposent à une peine de deux mois de prison et l'équivalent de 200 euros d'amende, le double en cas de récidive. Beaucoup estiment que cette dernière mesure prise par le gouverneur ne traite pas vraiment le problème à la racine. Ils jugent que c'est la crise économique, l'hyperinflation et le chômage endémique qui poussent ces jeunes au méfait.

Certains militants opposés au régime militaire vont jusqu'à voir dans l'émergence de ces criminels à moto une stratégie du chaos de la part des autorités putschistes pour convaincre les Soudanais qu'un retour à l'ordre est nécessaire. Si les autorités semblent pour le moment incapables de juguler la hausse de la criminalité quotidienne, elles se montrent beaucoup plus zélées dans la répression du mouvement pro-démocratie, déployant chaque semaine tout un arsenal militaire et des cohortes de policiers contre les manifestants.

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