Le Soudan dévalue sa monnaie de 85% pour sauver son économie, au risque de soulever la population

Jacques Deveaux
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La mesure annoncée par la Banque centrale était inéluctable, tant le fossé s'était creusé entre le cours officiel de la livre soudanaise et celui pratiqué dans la rue. Quand le citoyen se voyait proposer 55 livres pour un dollar dans une banque, il en obtenait 375, voire 400 au marché noir. En rendant flottant le cours officiel de la livre, Khartoum entérine une dévaluation de sa monnaie nationale de 85% pour la rapprocher de sa valeur au marché noir. Le gouvernement espère ainsi faire revenir les devises étrangères qui fuyaient les canaux officiels, et pénalisaient ses importations.

Récupérer des devises

Mais pour atteindre un matelas de réserve de devises de trois mois, un seuil de "confort", il faudrait encaisser plus de 5 milliards de dollars sur deux ans. Un objectif inatteignable sans aides internationales, alors même que le Soudan n’honore plus sa dette estimée à environ 60 milliards de dollars, soit deux fois et demie son PIB annuel.

Désormais, le Soudan a mis sa devise en conformité avec la réalité économique du pays. Un premier pas vers l'assainissement de son économie. Il a également mis un terme aux subventions sur les carburants, récupérant des taxes bien utiles. Mais, bien que réduit, le déficit budgétaire du pays est encore de 6,9% et la baisse de la dépense publique impacte fortement la population.

Risques d'émeutes

La dévaluation va fatalement générer de l'inflation, en renchérissant le prix des produits importés. "En décembre 2018, c'était le triplement (...)

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