Soudan: accord trouvé avec les proches des victimes de l’attentat de l’USS Cole

C'est une étape dans un long processus de normalisation des relations entre les États-Unis et le Soudan. Ce jeudi, le ministère soudanais de la Justice a annoncé avoir signé un accord avec les proches de marins américains tués dans l'attentat ayant frappé le destroyer USS Cole, il y a près de vingt ans.

Nous sommes le 12 octobre 2000, dans la rade d'Aden au Yémen. Le navire américain est alors en cours de ravitaillement quand deux kamikazes -chacun à bord d'un canot- viennent se faire exploser contre son flanc. L'USS Cole est sévèrement touché, 17 marins américains sont tués, plus d'une trentaine blessés.

C'est la branche d’al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) qui revendique cet attentat. L'enquête américaine révèle que les deux kamikazes se sont entrainés au Soudan, Washington juge donc que Khartoum a une responsabilité dans ces évènements. Un point toujours formellement démenti par les autorités soudanaises. Il faut rappeler qu’en 2000, c'était le régime d'Omar el-Béchir qui était en place. Un régime qui est finalement tombé l’année dernière.

Cet accord avec les proches de victimes de l'USS Cole figurait aujourd'hui encore dans la liste des exigences américaines avant de retirer le Soudan de sa liste noire sur le terrorisme. Khartoum y figure depuis 1993, à l'époque où Oussama Ben Laden, le fondateur d’al-Qaïda vivait dans le pays. Il a donc finalement été signé le 7 février dernier à Washington, pourtant dans son communiqué, le ministère de la Justice précise bien que le texte n'entérine pas la responsabilité du Soudan à l'époque des faits. Selon Khartoum, il s'agissait juste d'une case à cocher, en vue d'une normalisation future des relations.

Se rapprocher de Washington

Cette annonce réaffirme aussi la volonté du gouvernement de trancher encore un peu plus avec la politique menée par le pouvoir précédent, deux jours après l'accord visant à traduire Omar-el-Béchir ainsi que d'autres membres de l'ancien gouvernement devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre au Darfour.

L'enjeu, pour Khartoum, est autant économique que diplomatique : sortir le pays de la liste noire américaine « des Etats soutenant le terrorisme » et voir ainsi lever les sanctions qui pénalisent son économie. Le gouvernement est particulièrement attendu sur ces questions par la population et peine à lutter contre la forte inflation et les pénuries d'essence et de pain.

Ces derniers mois, le Soudan a multiplié les gestes d'ouverture à l'égard des États-Unis sans que ces derniers ne se soient pour l'heure engagés à retirer le pays de sa liste noire. À noter que d'autres contentieux liés au terrorisme demeurent entre le Soudan et les États-Unis. À savoir principalement les attentats de 1998 ayant frappé à 10 minutes d'intervalle les ambassades américaines de Nairobi et de Dar es Salaam.