Souâd Ayada : « Le pouvoir qu'ont pris les parents d'élèves est préoccupant »

Propos recueillis par Émilie Trevert
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Souâd Ayada, philosophe, est présidente du Conseil supérieur des programmes.
Souâd Ayada, philosophe, est présidente du Conseil supérieur des programmes.

C'est une voix qui va compter dans les prochains mois. À la tête du Conseil supérieur des programmes, la discrète et rigoureuse Souâd Ayada s'exprime à la suite de l'assassinat du professeur Samuel Paty. Pour cette agrégée de philosophie, qui se définit comme « conservatrice », l'enseignement de la liberté d'expression doit transcender les disciplines. À l'instar de Jean-Pierre Obin, auteur de Comment on a laissé l'islamisme pénétrer l'école*, l'ancienne inspectrice confirme que des enseignements sont « parfois ouvertement contestés » comme en sciences physiques, en sciences de la vie et de la terre ou en philosophie. Mais elle refuse d'entendre qu'une « lâcheté complice » régnerait dans les administrations scolaires et appelle à une coordination de toutes les instances de l'État pour mener ce combat contre « l'intrusion de l'islamisme à l'école ».

Le Point : Quelle a été votre réaction à la suite de l'assassinat du professeur d'histoire Samuel Paty à la sortie de son collège ?

Souâd Ayada : J'éprouve du chagrin, mais aussi de l'effroi. C'est en effet une logique effroyable qui s'est dévoilée à nous dans l'assassinat d'un professeur, une logique où une vision de l'homme, de la société et de l'école manifeste, par un acte d'une violence inouïe, sa volonté d'anéantissement de notre vision du monde où le professeur tisse chaque jour le lien profond entre la République et son école. Tous les professeurs ont été symboliquement assassinés vendredi et, avec eux, le [...] Lire la suite