"Soprano: à la vie, à la mort", ou comment le chanteur est devenu star grâce à ses meilleurs amis

Matéo, Soprano, Djamal et Mej - Disney+
Matéo, Soprano, Djamal et Mej - Disney+

"Un jeune Comorien des quartiers nord qui remplit le Stade Vélodrome: ça, c'est une putain d'histoire". Celle de Saïd M'Roumbaba, dit Soprano, qui compte aujourd'hui parmi les plus gros vendeurs de disques en France. L'observation est signée Matéo, l'un de ses trois meilleurs amis. Les quatre acolytes se sont rencontrés à l'adolescence dans une cité marseillaise et ne se sont jamais quittés depuis. Ils sont les héros de Soprano: à la vie, à la mort, une série documentaire en six épisodes disponible ce mercredi sur Disney+.

L'histoire semble trop belle pour être vraie. Djamal, Mej, Matéo et Soprano se rencontrent dans les quartiers défavorisés de la cité phocéenne dans les années 1990, et se lient d'une amitié indéfectible autour de leur passion commune pour le hip-hop. Le hasard n'aurait pas mieux fait les choses: en plus du talent de rappeur que le jeune Soprano commence à exploiter, l'un des quatre garçons a le sens des affaires, un autre aime faire tourner des disques et le dernier a un excellent relationnel.

"La passion du rap nous a liés"

Trente ans plus tard, leurs talents combinés ont fait de Soprano une machine à tubes qui enchaîne disques de platine et de diamant, remplit des stades de 60.000 spectateurs et compte parmi les personnalités les plus populaires de la scène française. En parallèle, ils ont monté l'agence artistique Only Pro, qui s'occupe d'Alonzo, L'Algerino, DJ Abdel... et bien sûr de Soprano.

"On avait la passion du rap et du hip-hop au début, c’est ça qui nous a liés", se souvient Matéo pour BFMTV.com. "Ensuite on a eu cette ambition de construire des choses ensemble, et avec le succès de Saïd on s’est retrouvés à gérer des choses de plus en plus importantes (...) Plus c’est difficile, plus on doit être proches. Les années passent très vite, et 30 ans plus tard on est encore là."

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"Un truc de fou"

Plus que l'ascension de Soprano, c'est donc celle de cette fine équipe que raconte la série de Disney+. Soprano: à la vie, à la mort retrace les hauts et les bas de cette trajectoire en opérant des sauts dans le temps, des années 1990 à nos jours. Les images de Soprano enfant découvrant sa propre voix en chantant à la mosquée se mêlent à celles du chanteur faisant face à des dizaines de milliers de spectateurs. Les enregistrements de ses premiers tubes de rap, au sein du groupe Psy4 de la rime puis en solo, répondent à ses derniers tournages de clips, beaucoup plus orientés pop. Le tout à travers le regard des quatre amis, qui racontent les coulisses de chacune des étapes de cette histoire hors du commun.

"On réalise que c'est un truc de fou", déclare Soprano, "encore plus depuis qu'on a commencé à travailler sur cette série: on a replongé dans des archives, dans notre passé. Avec l'âge, on se le rappelle tout le temps pour pouvoir en profiter. On essaye de prendre du recul sur nous-mêmes pour prendre conscience de ce parcours."

Le programme aurait pu voir le jour bien plus tôt: les quatre garçons pensaient déjà à raconter leur histoire - et avaient refusé plusieurs propositions - lorsqu'ils ont été approchés par les réalisateurs Anthony Igoulen, Yoan Zerbit et Céline Jallet. Cette dernière, ancienne journaliste pour 50 minutes inside, est devenue amie avec le chanteur après avoir réalisé plusieurs reportages sur lui: "Ils nous ont proposé un projet un peu différent des autres", se souvient Matéo. "Sur notre amitié à tous les quatre, parce qu’ils nous connaissaient. Ils voulaient raconter comment ça s'organise derrière Soprano. Une confiance s'est instaurée. Nous n'étions pas méfiants, on a senti une bienveillance."

Le vivre-ensemble comme valeur maîtresse

Sans rien éluder, Soprano, Matéo, Djamal et Mej racontent leurs joies mais aussi les drames qu'ils ont traversés, toujours ensemble, et qui les ont façonnés. Autant d'histoires qui éclairent d'un jour nouveau le travail du chanteur:

"Les spectateurs vont mieux comprendre certains choix artistes, certains textes", explique-t-il. "Ils verront que si j'ai la tête sur les épaules, c'est parce que j'ai mes trois potes qui sont là. Ils comprendront pas exemple pourquoi je me bats pour la Cosmopolitanie (monde fictif qu'il chante dans la chanson Cosmo où les hommes vivent en harmonie, NDLR), parce qu'il y a dans la série un passage très fort sur la mort d'un jeune des quartiers Nord, tué par un colleur d'affiches du Front national."

Pour Matéo, ce sont justement les valeurs de vivre-ensemble prônées par Soprano qui font de lui un artiste aussi fédérateur:

"C'est quelqu'un qui n'est pas excluant", analyse-t-il. "Dans une société qui essaie de diviser les gens, lui leur dit 'peu importe comme vous êtes, venez, on est là pour faire la fête'. Il fait de la musique pour tout le monde et tout le monde est le bienvenu. Il est ouvert au monde qui l'entoure, aux cultures qui l'entourent, aux gens qui l'entourent."

Et la success story continue: à l'heure où sort cette série, Soprano assure une ambitieuse tournée des stades afin de défendre son album Chasseur d'étoiles, sorti en septembre dernier. Évidemment, Mej, Matéo et Djamal ne seront pas bien loin.

Article original publié sur BFMTV.com

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