Sophie Pétronin: quand l'ex-otage assurait qu'elle "reviendrait" au Mali au moment de sa libération

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Sophie Pétronin peu après son arrivée à Bamako, le 8 octobre 2020. L'ex-otage voulait retourner auprès de l'association qu'elle a créé à Gao, au nord du Mali, contre la malnutrition des enfants. - STRINGER © 2019 AFP
Sophie Pétronin peu après son arrivée à Bamako, le 8 octobre 2020. L'ex-otage voulait retourner auprès de l'association qu'elle a créé à Gao, au nord du Mali, contre la malnutrition des enfants. - STRINGER © 2019 AFP

Sophie Pétronin, 76 ans, est retournée au Mali en mars dernier, cinq mois seulement après sa libération des mains du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), une alliance de groupes jihadistes affiliée à Al-Qaïda.

Si ce retour au Sahel, en toute illégalité, n'a été révélé que ce mardi, l'ancienne otage n'a jamais caché son envie de rentrer au Mali. "Je vais aller en France, en Suisse et après je vais revenir", déclarait-t-elle sur le tarmac de l'aéroport de Villacoublay le 9 octobre 2020, au lendemain de sa libération.

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Sophie Pétronin voulait retourner auprès de sa fille adoptive Zeinabou et de l'association qu'elle a créé à Gao, au nord du Mali, contre la malnutrition des enfants.

"Si vous prenez un engagement, allez au bout de votre engagement. Sinon vous aurez perdu votre raison d'être sur cette Terre", s'était justifiée cette travailleuse humanitaire.

À l'époque, son fils, qui l'a aidée à entrer sur le territoire malien illégalement en mars dernier, avait répondu: "Il faut être raisonnable et attends-toi à ce que je cadre certaines choses, tu n'iras pas où tu veux!"

Conversion à l'islam et "acceptation"

Après une détention de quatre ans et une libération coïncidant avec celle de plus de 200 de jihadistes au Mali, la septuagénaire avait provoqué la polémique. Elle avait refusé de qualifier ses ravisseurs de jihadistes, minimisé la violence de ses conditions de détention et annoncé sa conversion à l'islam.

"J'ai transformé la détention, si on peut dire, en retraite spirituelle", avait-elle expliqué à nos confrères de RFI. "J'étais dans l'acceptation" et "ça se passait bien", avait-elle ajouté, évoquant un "air sain" et qualifiant ses ravisseurs de "groupe d'opposition armée au régime" plutôt que de jihadistes.

"Pour le Mali, je vais prier, implorer les bénédictions et la miséricorde d'Allah, parce que je suis musulmane. Vous dites Sophie, mais c'est Mariam que vous avez devant vous", avait-elle aussi déclaré à Bamako le jour de sa libération.

Le Mali n'est pas "un terrain de jeu"

Ses mots avaient fait couler beaucoup d'encre et provoqué l'ire de nombre de politiques. Interrogé sur BFMTV au lendemain de sa libération, le président du Rassemblement national Jordan Bardella reprochait à l'ex-otage ses ambitions de retour au Mali, où elle vécu plus de 25 ans.

"On ne retourne pas là-bas quand on sait que nos soldats risquent leur vie face aux jihadistes", avait-il estimé sur BFMTV, précisant que le Mali n'est "ni une zone de vacances ni un terrain de jeu".

Sophie Pétronin est à présent recherchée par les autorités maliennes.

Article original publié sur BFMTV.com

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