La sonde Juno a vu des « farfadets » et des « elfes » dans l'atmosphère de Jupiter

Adrien Coffinet, Journaliste scientifique
·2 min de lecture

La sonde Juno, lancée en 2011, est en orbite autour de Jupiter depuis 2016. Depuis, la mission de la Nasa nous a apporté de nombreuses informations sur la géante gazeuse et de nouveaux résultats viennent d'être publiés le 27 octobre dans le Journal of Geophysical Research: Planets.

Dans leur nouvel article, Rohini S. Giles et ses collègues décrivent la détection, au cours des quatre premières années de la mission, de 11 brefs flashs lumineux par le spectrographe ultraviolet UVS. Cet instrument de la sonde Juno sert habituellement à imager les aurores de Jupiter. Cependant, ces 11 flashs, formellement nommés « événements lumineux transitoires » (ELT), ne sont observés que lors d'un passage de la sonde et leur luminosité décroît de façon exponentielle avec le temps, avec une durée typique d'environ 1,4 milliseconde. C'est la première fois que ces phénomènes sont observés sur un autre corps que la Terre.

Des flashs prédits et maintenant observés

Des travaux théoriques et expérimentaux avaient prédit que ces flashs devraient être présents dans l'atmosphère de Jupiter, mais ils n'avaient jamais été observés jusqu'ici. Cependant, à l'été 2019, les chercheurs travaillant avec des données d'UVS ont découvert quelque chose d'inattendu : « Nous avons découvert des images d'UVS qui montraient non seulement des aurores joviennes, mais aussi un flash brillant de lumière ultraviolette dans le coin où il n'était pas censé être. Plus notre équipe l'examinait, plus nous nous rendions compte que Juno pourrait avoir détecté un ELT sur Jupiter », explique Giles.

Vu d'artiste d'un farfadet (sprite) sur Jupiter. © Nasa, JPL-Caltech, SwRI
Vu d'artiste d'un farfadet (sprite) sur Jupiter. © Nasa, JPL-Caltech, SwRI

Les flashs détectés ressemblent à la foudre, mais ont été trouvés environ 300 kilomètres au-dessus de l'altitude où se forme la majorité des éclairs de Jupiter : sa couche de nuages d'eau. Les scientifiques de Juno ont ainsi pu exclure qu'il s'agissait simplement de méga-éclairs, sachant qu'UVS a par ailleurs enregistré que le spectre de ces événements...

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