Le somptueux retour en grâce des «Tziganes»

Libération.fr

Narrant les déambulations d’un ramasseur de plumes serbe, le film poétique et naturaliste d’Aleksandar Petrovic ressort cinquante ans après un prix spécial du jury à Cannes.

Une meute d’oies en un cumulonimbus recouvre peu à peu la terre sablonneuse de la province de Voïvodine (Serbie). Leur parure blanche déplumée, «aussi tendre que l’âme», sert non loin à dissimuler le visage ensanglanté d’un homme assassiné. Les Tziganes serbes chantent la fureur et l’amour. Les danses effrénées en technicolor, girandoles de nuances vives touchées par la poussière, laissent place, ne serait-ce que quelques secondes plus tard, à un torrent de gifles, disputes domestiques et de femmes jetées dans la boue - des séquences très brutales en somme - qui rendent impossible toute déglutition placide de la part de celui qui regarde.

Poker. Se trouver à proximité des «Tziganes heureux», authentiquement capturés par le cinéaste français d’origine serbe Aleksandar Petrovic, c’est aussi se faire témoin d’un regard franc, sans détours ni enjolivements, tourné vers une communauté «ghettoïsée». Remportant en 1967 le prix spécial du jury et le prix Fipresci au Festival du Cannes, J’ai même rencontré des Tziganes heureux, réalisé cette année-là, rate d’un poil la palme d’or. Une copie restaurée du film gagne un retour sur les écrans français grâce au distributeur Malavida.

On y retrouve donc les tribulations de Bora (l’acteur d’origine albanaise Bekim Fehmiu), ce Tzigane qui vit de son commerce de plumes d’oie. Mais flambant son argent au poker et menacé par Mirta, un rival qui lui grignote son territoire, l’homme y perd aussi son plumage qu’il essaye immédiatement de retrouver, négocie, fait affaire avec une bonne sœur du village, s’engueule - violemment - avec sa femme puis vole une télévision qu’il tente de revendre en un ultime geste de palliation. Saoul et désabusé, c’est au son de Djelem, Djelem, morceau interprété par la chanteuse de café Lence, que Mirta brise un verre entre ses mains, d’où (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

«Maryline», de tournages en tournées
Ticket d’entrée
vite vu
«Bangkok Nites», passes et impasses
«Faire la parole», amours basques

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages