Sommet virtuel du Quad: un partenariat pour contenir l'influence de la Chine

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C’est la première fois que le Quad, une alliance informelle née dans les années 2000, se réunissait au plus haut niveau. Une réunion virtuelle certes, mais Joe Biden, et les Premiers ministres indien, japonais et australien ont promis de se retrouver en personne au cours de l’année.

« Nous aspirons à une région qui soit libre, ouverte, inclusive, saine, ancrée dans des valeurs démocratiques et sans contrainte ». Le communiqué final du premier sommet au plus haut niveau du Quad ne cite pas nommément la Chine, mais Pékin ne s’y trompera pas : les quatre pays entendent bien contenir son influence dans la région.

« Nous soutenons l’intégrité territoriale et la liberté de naviguer », insiste le texte publié par la Maison Blanche, qui évoque au passage les conflits dans l’est et le sud de la mer de Chine où Pékin mène régulièrement des actions de force, rappelle notre correspondante à Washington, Anne Corpet.

Au-delà des déclarations d’intention, ce premier sommet était dédié à la lutte contre le coronavirus et le changement climatique. Joe Biden a annoncé la création d’un partenariat ambitieux pour doper la production de vaccins, notamment au bénéfice de la région Indo-Pacifique. Le Quad s’est ainsi engagé à fournir plus d’un milliard de doses de vaccins contre le coronavirus aux pays du Pacifique et d’Asie du Sud-Est d’ici à 2022.

L’effort portera notamment sur la production des doses de la marque américaine Johnson & Johnson en Inde. Il s’agit là aussi de ne pas laisser Pékin avoir le monopole des vaccins dans la région. Les quatre pays disent vouloir une alliance solide et durable. Les ministres des Affaires étrangères des quatre démocraties se rencontreront désormais chaque année. Et un nouveau sommet des chefs d’État aura lieu en personne avant la fin de 2021.

« Un axe de paix et de stabilité »

« Un moment historique », c’est ainsi que le Premier ministre Scott Morrison a qualifié l’alliance qui vient de naître. L’Australie, qui d’ordinaire fait figure de leader dans la zone Pacifique, ou elle apporte une aide économique et humanitaire considérable dans la région, n’a cessé ces dernières années de voir son influence dépérir au profit de la Chine, souligne notre correspondant à Canberra, Gregory Plesse.

Canberra est par ailleurs dans une position délicate. Car si l’Australie s’oppose à la Chine sur le plan idéologique, c’est aussi, et de loin, son principal partenaire commercial. Un avantage que n’a pas hésité à exploiter Pékin ces derniers mois en imposant des sanctions économiques à Canberra, dont certaines prises de position ont irrité le régime chinois. Fort du soutien de trois puissances majeures, Scott Morrison voit dans cette nouvelle alliance « un axe de paix et de stabilité » dans la région Indo-Pacifique.

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