Biden, qui veut garder un contact direct avec Xi, lui parlera lundi

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Joe Biden et Xi Jinping (AFP/MANDEL NGAN, Anthony WALLACE)
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Le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping auront lundi une réunion par vidéo conférence, leur troisième entretien alors que les contentieux s'accumulent entre Washington et Pékin qui s'affichent chacun fermes sur leurs positions à propos de Taïwan comme des échanges commerciaux ou des droits de l'homme.

L'échange se déroulera lundi "dans la soirée" heure de Washington -tôt mardi à Pékin-, a indiqué vendredi la Maison Blanche, confirmant des informations de presse circulant depuis plusieurs jours.

Les deux hommes vont "discuter des moyens de gérer de manière responsable la compétition" entre les deux puissances et de la manière de "travailler ensemble quand nos intérêts se rejoignent", selon un communiqué de la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki.

Elle affirme que Joe Biden sera "clair et franc à propos (des) préoccupations" américaines face à son homologue, souvent qualifié de plus puissant dirigeant chinois depuis Mao Tsé-toung.

Xi Jinping ne cesse de renforcer son emprise sur le régime, comme en témoigne l'adoption jeudi par le Parti communiste chinois d'un texte qui, sous prétexte de célébrer le centenaire du parti, fait surtout l'éloge du président.

La "pensée" de l'homme fort de Pékin "est la quintessence de la culture et de l'âme chinoises", lit-on dans ce texte, qui appelle "le Parti, l'armée et le peuple tout entiers à s'unir plus étroitement autour du Comité central dont Xi Jinping forme le coeur".

Les deux présidents se sont déjà téléphoné à deux reprises depuis l'investiture de Joe Biden.

Le président américain n'a jamais caché son désir de rencontrer en personne le leader chinois, et ne s'est pas privé de critiquer son absence lors des récents sommets du G20 et de la COP26.

Mais il lui faut se contenter d'une rencontre virtuelle avec Xi Jinping, qui n'a pas quitté la Chine depuis près de deux ans, évoquant des raisons sanitaires.

Le président américain, s'il rejette le terme de "guerre froide" auquel il préfère celui de "compétition" ou de "confrontation", a néanmoins fait de la rivalité avec Pékin l'axe majeur de sa politique étrangère.

Les relations entre Pékin et Washington sont au plus bas sur toute une série de sujets, du commerce aux droits humains en passant par les ambitions régionales de la Chine, qui poussent Joe Biden à consolider ses alliances régionales en Asie.

- Canaux de communication -

Les tensions sont encore montées d'un cran ces dernières semaines au sujet du sort de Taïwan.

Après des déclarations de Joe Biden qui suggéraient que les Etats-Unis étaient prêts à intervenir si la Chine attaquait l'île, les diplomates américains sont revenus à une ligne plus classique et plus subtile, multipliant les mises en garde, et insistant sur leur volonté de "dissuader" Pékin de toute intervention militaire.

Dans ce contexte de haute nervosité, la réunion de lundi est conforme à la volonté de Washington de maintenir les "canaux de communication" ouverts au plus haut niveau, après des contacts au niveau ministériel qui ne se sont pas toujours très bien passés récemment.

Le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, et le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, ont eu samedi un entretien téléphonique pour préparer la réunion.

Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, M. Wang a dit à son homologue que "les deux parties devraient se rencontrer chacune à mi-chemin" durant l'entretien entre MM. Xi et Biden.

M. Wang a également dit à M. Blinken que Washington devrait cesser d'envoyer des "signaux incorrects" à propos du statut de Taïwan.

Du côté américain, il s'agit de "poser les termes de la compétition", a dit vendredi Jen Paksi. Si la Maison Blanche tient tant à établir une "relation de président à président", selon sa porte-parole, ce n'est "pas parce que nous cherchons des résultats ou des décisions concrètes, ce qui n'est pas le cas".

Les Etats-Unis insistent aussi sur la nécessité, quand c'est possible, de coopérer avec le grand rival chinois.

Les deux pays, qui sont aussi les deux premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre, ont par exemple promis cette semaine, dans une déclaration conjointe surprise, de lutter davantage contre le réchauffement climatique.

"Notre relation avec la Chine est l'une des plus importantes et l'une des plus complexes que nous ayons", avait rappelé vendredi Antony Blinken.

"Il y a diverses dimensions: de la coopération, de la compétition et de la confrontation, et nous allons agir sur ces trois aspects simultanément", a-t-il ajouté, se félicitant d'avoir constaté "un certain progrès" de la part de la Chine sur les questions liées au climat.

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