Sommet de Bagdad: Emmanuel Macron s’engage à maintenir la présence militaire française dans la région

  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
·3 min de lecture
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.

Pour son deuxième voyage en Irak en l’espace d’un an, Emmanuel Macron a participé à un sommet régional visant à renforcer la stabilité du pays. Ce forum réunissait l’Arabie saoudite, l’Iran, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie, le Koweït et le Qatar. Une rencontre voulue par la France et les autorités irakiennes. Et même si aucune nouvelle annonce n’a été faite, Emmanuel Macron veut y voir un geste fort de soutien aux autorités irakiennes.

Avec notre envoyé spécial à Bagdad, Guilhem Delteil

L’Iran et l’Arabie saoudite sont deux pays rivaux ayant rompu leurs relations diplomatiques. Alors, l’image des deux ministres des Affaires étrangères réunis dans la même pièce est en soit un succès dont se félicite Emmanuel Macron.

« Le temps était à l'apaisement. Je pense qu'il y a aussi une prise de conscience de toutes les puissances de la région que le contexte contemporain impose à réengager des discussions et à coopérer. Est-ce que cela veut dire que toutes les divergences disparaissent ? Non. Mais le choix collectif a été fait de ne pas les aborder de manière trop directe ou brutales. »

La seule présence des chefs de la diplomatie iranien et saoudien est une « réussite », s'est réjoui un conseiller du Premier ministre irakien. L'Iran et l'Arabie saoudite n'ont plus de relations diplomatiques depuis 2016 et ils s'opposent sur les conflits yéménite et syrien.

À Bagdad, les pays présents ont pris l’engagement de renforcer la lutte contre le terrorisme. Et tout au long de la journée, le président français a répété qu’il s’engage à maintenir la présence militaire française dans la région, quand l’administration Biden, elle, évoque un réajustement de ses missions dans le pays.

« Quelques soient les choix américains, nous maintiendrons notre présence pour lutter contre le terrorisme en Irak, aussi longtemps que les groupes terroristes continueront à opérer et aussi longtemps que le gouvernement irakien demander cet appui. Et nous avons les capacités opérationnelles pour assurer cette présence, quels que soient les choix américains », a affirmé le président français, seul Occidental autour de la table.

« Il n’y a peut-être pas de résultats tangibles immédiats », reconnaît une source officielle française mais pour Paris, l’essentiel était d’obtenir l’affichage d’un soutien régional à l’Irak : « on ne peut pas abandonner ici », poursuit cette source.

Visite d'un sanctuaire chiite

Cette conférence régionale, consacrée au terrorisme, a été bousculée par les évènements en cours en Afghanistan. L'attentat de Kaboul a mis en relief la « menace » que représente l'EI, a prévenu M. Macron en prélude à la conférence, tout en appelant à « ne pas baisser la garde » face aux jihadistes. L'Irak, où des cellules de l'EI continuent de mener des attentats quatre ans après sa défaite militaire, et la France « sont des partenaires clés dans la guerre contre le terrorisme », lui a répondu le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi.

À l'issue de ce rendez-vous diplomatique, Emmanuel Macron a passé près de deux heures vers minuit dans un célèbre sanctuaire chiite de Bagdad, en compagnie du Premier ministre irakien, où il a reçu un accueil chaleureux. En effet, pour marquer sa volonté de s'adresser à toutes les confessions de l'Irak, qui se partagent le pouvoir, il a décidé de se rendre au sanctuaire d'al-Kadhimiya, lieu de pèlerinage important pour les chiites, qui abrite le mausolée où est enterré le 7e imam duodécimain.

Dans une cohue qui a donné du fil à retordre à leurs deux services d'ordre, le chef de l'État français et le Premier ministre irakien, Barham Salih ont visité la salle du mausolée et la bibliothèque, qui abrite des manuscrits anciens. Parmi la délégation française figurait notamment Jack Lang et Mgr Gollnisch, qui défend les chrétiens d'Orient. Le président français a été accueilli par un ayatollah qui lui a raconté l'histoire de la bibliothèque ainsi par des responsables du complexe, qui lui ont rappelé que la lutte contre Daech, à l'appel des chiites, avait mobilisé des Irakiens de toutes confessions.

Cette visite d'un sanctuaire chiite est « je crois une première pour un président français », a souligné M. Macron - allusion au fait que la France est traditionnellement alliée des dirigeants sunnites. « C'est un signe de reconnaissance. C'est une manière d'apprendre et de comprendre. Je pense avec humilité que si on veut pouvoir agir utilement dans cette région, il vaut mieux la comprendre, c'est un univers de complexité », a-t-il dit devant des journalistes, en visitant le site.

Soutien aux communautés chrétiennes

« Nous venons de faire une conférence importante et la France a à coeur de reconnaître l'ensemble des composantes de ce peuple et demain je serai aux côtés des Dominicains, des sunnites, des yezidis, il était important que je puisse être aussi au côté de la communauté chiite », a-t-il conclu.

Le président français a ensuite décollé pour le nord de l’Irak. Il sera notamment à Erbil (Kurdistan irakien) puis Mossoul ce dimanche, pour délivrer un message de soutien, notamment aux communautés chrétiennes du pays. La visite d'Emmanuel Macron intervient six mois après celle du pape François. Les chrétiens irakiens apprécient mais s’interrogent aussi sur l’efficacité de ces visites de soutien. Reportage.

À écouter aussi : Irak: les chrétiens, après Daech [Grand reportage]

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles