Dans la Somme, petite victoire pour les grévistes de l’hôpital psychiatrique de Dury

Isabelle Boidanghein
Dury (Somme), mercredi. Chrystèle Leclercq, infirmière et responsable CGT, participe au campement à l’entrée de l’hôpital pour demander plus de postes et de moyens

Une table ronde avec l’ARS (Agence régionale de santé) va réunir le directeur, des syndicats et des familles… le 25 septembre.


Cela fait maintenant plus de deux mois que, jour et nuit, les grévistes se relaient à l’entrée de l’hôpital psychiatrique (HP) Philippe-Pinel à Dury (Somme). Ils réclament l’ouverture de deux unités, la création de 60 postes de soignants, la titularisation des emplois précaires qui représentent 20 à 25 % de la masse salariale, la création de postes dans la logistique, à la lingerie… Une mobilisation qui commence à porter ses fruits avec l’organisation d’une table ronde avec l’agence régionale de santé (ARS) qui va notamment réunir le directeur de l’hôpital, les syndicats, les familles… le 25 septembre.

Chaque année, le trou se creuse dans les finances de l’établissement pour atteindre 12 millions d’euros de dettes. Des unités ont fermé au détriment des soins des patients dont la suroccupation serait de 120 %.

«Obligés de placer des patients à l’isolement»

« Je commence à 13 h 45, je dis bonjour à des patients à 19 heures, confie Chrystèle Leclercq, infirmière depuis vingt-deux ans et secrétaire générale de la CGT. Je n’ai même plus le temps de faire des entretiens car nous ne sommes que deux au lieu de quatre. Ça devient insupportable. Nous sommes obligés de placer des patients à l’isolement… »

L’ARS, de son côté, reproche des durées moyennes d’hospitalisation de vingt-huit jours, trop longues comparées à d’autres établissements, et miserait sur l’ambulatoire. « Comment faire autrement, se demande Frédéric Larivière, de FO, d’autant que nous comptons un taux d’absentéisme de 10 %. » Face à des conditions de travail se dégradant, les médecins partent. Début 2019, 70 % des postes devraient être vacants.

Le 24 septembre, pour la seconde fois, des salariés des HP de Rouen et du Havre (Seine-Maritime) viendront les soutenir.


Lire la suite sur LeParisien.fr

Profession : traqueur de CV bidonnés
Développement durable : ces métiers recrutent
Emploi : les perspectives d’embauche s’assombrissent
Pic d’embauches dans les métiers du froid
Recrutement : un escape game pour se démarquer