Somalie: les raisons de la crise politico-électorale

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La situation politique est toujours bloquée après l'expiration officielle, lundi, du mandat du président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit « Farmajo ». L'opposition ne reconnaît plus sa légitimité et appelle à la formation d'un exécutif de transition. Selon une source, des discussions informelles ont commencé, sous la pression internationale. L'enjeu est de trouver une issue à une crise provoquée par un processus électoral laborieusement négocié ces derniers mois.

Avec un État aussi fragile, une société fracturée, une insurrection jihadiste riche et puissante, comment faire voter les Somaliens ? Voilà l'équation qu'il fallait résoudre. Des mois de discussions entre les États fédérés, la mairie de Mogadiscio et le gouvernement fédéral avaient fourni une première réponse, en septembre dernier.

Vu l'insécurité et l'état politique du pays, l'élection présidentielle devait se dérouler selon un mode de scrutin indirect, un peu particulier. Les chefs claniques, la société civile et les autorités régionales devaient nommer les députés d'une chambre basse du Parlement, dont 30% de femmes et deux représentants du Somaliland.

Les parlements régionaux devaient, eux, nommer les sénateurs d'une chambre haute. Et c'est au cours d'une session commune de ces deux chambres que devait être élu le nouveau président pour quatre ans.

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C'est cette session qui devait se tenir le 8 février. Mais voilà : le nouveau Parlement n'a pas pu été nommé, comme prévu. Deux États, le Puntland au nord et le Jubaland au sud, bataillent contre le président sortant et l'accusent de placer ses partisans dans les commissions électorales.

Mais selon un analyste, il existe un enjeu plus large : Farmajo veut un État plus centralisé entre ses mains, quand les chefs régionaux veulent, eux, préserver leurs pouvoirs.