Somalie: l’armée américaine reconnaît la mort d’un civil lors d’une frappe aérienne

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Fait rarissime, les États-Unis ont reconnu que leurs bombardements en Somalie ont entraîné des victimes civiles. Selon Africom, le commandement américain en Afrique, une frappe conduite le 2 février dernier a tué une personne et en a blessé trois autres. Une reconnaissance saluée par les défenseurs des droits de l’homme, mais qui reste insuffisante.

Avec notre correspondant régional, Sébastien Németh

C’est seulement la troisième fois en plus de dix ans que Washington admet des victimes civiles en Somalie. Une reconnaissance publiée dans le second rapport trimestriel d’Africom concernant ses frappes aériennes dans le pays. Des analyses que Washington a dû se résoudre à diffuser après des années de plaintes dénonçant les dommages collatéraux de sa guerre contre les islamistes.

Cette fois, le 2 février dernier, une bombe lâchée sur de présumés shebabs, dans la région de Jilib, au sud de Mogadiscio, a tué une personne et blessé trois autres. Selon Amnesty International, il s’agirait d’une femme et trois membres de sa famille, sans aucun lien avec les terroristes.

Quatre enquêtes toujours en cours

« Notre but est de toujours minimiser l’impact sur les civils. Malheureusement nous ne visions pas ces gens », a réagi le général Stephen Townsend, le commandant américain en Afrique.

Vingt-sept enquêtes concernant des incidents similaires sont terminées et quatre sont toujours en cours, a précisé le commandement américain.

Amnesty international, qui a plusieurs fois dénoncé l’impunité américaine dans ces affaires, décrit non sans ironie « une lueur de transparence bienvenue au milieu d’une décennie d’opérations militaires sanglantes. » Pour Brian Castner, un des chercheurs de l’organisation, Africom n’a fourni aucune compensation aux familles et devrait plutôt empêcher que ces morts ne surviennent, au lieu de les reconnaître après coup.