Israël pilonne Gaza, tirs de roquettes du Hamas : l'escalade se poursuit au Proche-Orient

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Les forces armées israéliennes ont procédé vendredi à des tirs d'artillerie vers la bande de Gaza d'où décollaient de nouvelles salves de roquettes tirées par des combattants palestiniens en direction d'Israël.

Nouvelle escalade dans le conflit au Proche-Orient. Israël pilonne, vendredi 14 mai, la bande de Gaza avec frappes aériennes et tirs d'artillerie dans cette enclave palestinienne densément peuplée, où l'affrontement depuis lundi avec les islamistes du Hamas au pouvoir a fait plus de 130 morts.

Au cours de la nuit, l'armée israélienne a multiplié les bombardements "pour infliger des dommages sévères aux tunnels" qui permettent aux combattants et dirigeants du Hamas de circuler à travers la bande de Gaza à l'abri des caméras de l'État hébreu. Voire de traverser côté israélien pour tenter, par exemple, d'y prendre des otages, a précisé l'armée vendredi.

Face aux tirs d'artillerie de chars massés le long de l'enclave sous blocus israélien et ceinte d'une épaisse barrière hypersécurisée, des centaines de Gazaouis ont quitté leur maison, ont indiqué des témoins.

"Ces bombardements étaient complètement fous, comme dans les jeux vidéos. C'était un vrai film d'horreur", a dit à l'AFP Muhammad Najib, 16 ans, un habitant de Gaza pour lequel "il ne pourra jamais y avoir" de paix avec Israël.

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Au total, l'armée a dit avoir frappé 150 cibles au cours de ce déluge de feu nocturne, doublé de salves de roquettes de la part du Hamas vers des villes israéliennes du sud comme Sderot, Ashkelon et Beersheva, dans le désert du Néguev.

Depuis le début lundi de ce nouveau cycle de violences, plus de 100 Palestiniens, dont 31 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza, et 830 personnes ont été blessées, selon un dernier bilan du ministère local de la Santé.

Heurts avec l'armée israélienne en Cisjordanie

Dix Palestiniens ont été tués, vendredi, en Cisjordanie occupée dans des heurts avec l'armée israélienne, en marge d'une journée de manifestations de colère, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé palestinien.

Ces incidents surviennent sur fond d'une escalade militaire inédite depuis 2014 entre Israël et le mouvement palestinien Hamas, dans et autour de la bande de Gaza, et de violences dans des villes israéliennes mixtes arabes et juives.

La plupart des Palestiniens tués vendredi en Cisjordanie l'ont été à balles réelles lors de manifestations ayant dégénéré en affrontements avec l'armée dans plusieurs localités, a rapporté le ministère de la Santé. Environ 150 personnes ont également été blessées, elles aussi en majorité par des tirs à balles réelles, selon cette source.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne n'a pas commenté ces informations dans l'immédiat.

Par ailleurs, un Libanais de 21 ans, membre du Hezbollah, a succombé à ses blessures, vendredi, après avoir été touché par des tirs des forces israéliennes alors qu'il tentait de franchir une barrière de sécurité à la frontière avec Israël, rapporte l'agence libanaise ANI.

Il faisait partie d'un groupe de jeunes gens rassemblé à la frontière pour exprimer leur solidarité avec les Palestiniens dans le conflit entre l'État hébreu et les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza. Un autre manifestant a été blessé.

Confusion sur une éventuelle opération au sol à Gaza

En Israël, où le bouclier antimissile Dôme de fer a intercepté environ 90 % des quelque 1 800 roquettes tirées cette semaine depuis Gaza, le bilan est passé à huit morts, avec le décès d'une dame âgée, et des centaines de blessés.

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L'armée israélienne avait massé jeudi chars et véhicules blindés le long du territoire palestinien, d'où les troupes israéliennes s'étaient retirées unilatéralement en 2005. Le ministère de la Défense a donné le feu vert à l'armée pour mobiliser au besoin des milliers de réservistes.

Peu après minuit, le porte-parole de l'armée avait annoncé que des soldats israéliens étaient désormais dans le territoire de Gaza avant de revenir sur ses propos, évoquant "un problème de communication interne".

Pour ajouter à la confusion, trois roquettes ont été tirées jeudi soir du Liban vers Israël mais sont tombées en Méditerranée, selon l'armée. D'après une source militaire libanaise, les projectiles ont été tirés d'un secteur proche d'un camp de réfugiés palestiniens.

Les affrontements en cours ont été déclenchés après un barrage de roquettes du Hamas tirées vers Israël en "solidarité" avec les plus de 700 Palestiniens blessés dans des heurts en fin de semaine dernière et lundi avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est.

"Ce n'est pas encore fini"

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a prévenu vendredi que les raids sur la bande de Gaza n'allaient pas prendre fin prochainement, après une intensification des frappes de l'armée sur l'enclave, ayant déjà fait plus de 100 morts en quelques jours.

"J'ai dit que nous infligerions de sérieux revers au Hamas et à d'autres groupes terroristes (...). Ils payent et continueront de payer chèrement. Ce n'est pas encore fini", a déclaré Benjamin Netanyahu après une réunion au ministère de la Défense, d'après un communiqué.

Réunion de l'ONU

Ces heurts sur l'esplanade, troisième lieu saint de l'islam, avaient suivi plusieurs jours de vives tensions et de heurts à Jérusalem-Est, dus principalement aux menaces d'expulsion de familles palestiniennes d'un quartier de la Ville sainte au profit de colons juifs.

Le conflit est doublé d'une escalade entre Arabes et Juifs dans plusieurs villes mixtes d'Israël, un niveau de violence jamais atteint depuis des décennies selon la police israélienne.

Près de 1 000 membres de la police aux frontières ont été appelés en renfort dans ces villes, théâtres d'émeutes depuis mardi avec des heurts et des échanges de coups de feu, et plus de 400 personnes, Juifs et Arabes, ont été arrêtées ces trois derniers jours.

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Jeudi soir, un homme a ouvert le feu à l'arme semi-automatique sur un groupe de juifs, blessant une personne à Lod près de Tel-Aviv, selon un témoin et la police.

Des groupes israéliens d'extrême droite ont affronté dans des villes les forces de sécurité et des Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d'Israël en 1948.

Face à l'intensification du conflit entre Israël et le Hamas, le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir dimanche une réunion virtuelle publique sur le conflit. Des représentants d'Israël et des Palestiniens devraient y participer, de même que l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, qui avait dit craindre cette semaine que cette escalade mène à une "guerre à grande échelle".

Emmanuel Macron s'est entretenu avec Benjamin Netanyahu

Lors d'un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, Emmanuel Macron a rappelé l'attachement indéfectible de la France à la sécurité d'Israël, a annoncé vendredi l'Élysée. Le président français a également souligné l'urgence d'un retour à la paix et fait part au Premier ministre israélien de sa préoccupation au sujet des populations civiles à Gaza.

Jeudi, Emmanuel Macron s'était déjà entretenu avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, auprès duquel il s'était dit préoccupé par l'escalade actuelle des violences entre Israël et le Hamas.

"Le président de la République poursuit son action pour faire cesser la violence en coordination avec ses partenaires. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères (Jean-Yves le Drian) multiplie les contacts avec ses homologues. La France prendra toute sa part à la réunion du conseil de sécurité des Nations unies qui se tiendra ce dimanche", ajoute l'Élysée dans son communiqué.

Avec AFP

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