Soldat tué à Londres: deux hommes affirmant agir "au nom d'Allah" arrêtés

Deux hommes ont tué à l'arme blanche un soldat britannique mercredi dans un quartier du sud-est de Londres, affirmant aux témoins de la scène agir "au nom d'Allah" avant d'être blessés par la police, et arrêtés.

C'est un "acte barbare qui s'est produit aujourd'hui, une attaque épouvantable (...) manifestement de nature terroriste", a déclaré David Cameron lors d'un point de presse à Paris, où il se trouvait pour une visite écourtée pour regagner Londres au plus vite.

"L'état d'esprit britannique est: ne jamais plier face à ce genre d'attaques. Les terroristes ne gagneront jamais", a insisté le Premier ministre britannique.

Dans les heures qui ont suivi le meurtre, un homme de 43 ans a été arrêté à Braintree, dans l'est de Londres, après des témoignages selon lesquels il serait entré dans une mosquée armée d'un couteau. Un autre homme, soupçonné d'avoir endommagé une mosquée, a été placé en garde à vue à Gillingham, dans le sud-est de la ville.

Des accrochages sans conséquences ont par ailleurs eu lieu entre la police et quelque 250 militants anti-islamistes de la Ligue anglaise de défense (EDL) qui s'étaient rassemblés gare Woolwich Arsenal et qui jetaient des bouteilles.

Le président François Hollande, qui se trouvait aux côtés de David Cameron, au palais de l'Elysée, a rapidement réagi au meurtre du soldat: "J'exprime toute ma solidarité à l'égard de David Cameron et du Royaume-Uni, à la suite du lâche assassinat d'un soldat britannique".

"Nous devons lutter contre le terrorisme partout, ce qui suppose d'échanger nos informations, de travailler avec nos services de renseignement respectifs et d'agir partout", a ajouté le chef de l'Etat français.

Les Etats-Unis ont aussi condamné cette "attaque", sans toutefois employer le terme "terroriste". "Nous nous tenons aux côtés de notre allié britannique confronté à une violence insensée", a écrit dans un bref communiqué un porte-parole du département d'Etat, Patrick Ventrell.

Loi du Talion

Les détails de l'attaque particulièrement brutale, menée en plein jour, à proximité d'une caserne militaire de la Royal artillery à Woolwich ont commencé à émerger mercredi en fin d'après-midi.

"Nous devons les combattre comme ils nous combattent. Oeil pour oeil, dent pour dent", a lancé l'un des deux agresseurs en citant la loi du Talion, sur un film amateur récupéré par la chaîne de télévision ITV.

"Nous jurons par Allah le tout puissant que nous n'arrêterons jamais de vous combattre", a ajouté le jeune homme noir, habillé d'un jean et d'un blouson et coiffé d'un bonnet.

"Je suis désolé que des femmes aient été témoins de ce qui s'est passé aujourd'hui mais, dans notre pays, nos femmes voient le même genre de choses", a encore dit d'une voix posée, dans un anglais à l'accent londonien, le suspect qui portait à la main deux couteaux et un hachoir ensanglantés.

Selon des témoins, lui-même et son complice ont encouragé les passants à filmer la scène alors qu'ils s'acharnaient sur le corps de leur victime, la lardant de coups aux cris de "Allah Akbar". Certains ont assuré qu'ils s'employaient à décapiter l'homme inerte, allongé sur la chaussée.

Des écoliers et une femme poussant un caddy se trouvaient à proximité, visiblement remplis d'effroi.

Depuis un train circulant entre Bruxelles et Paris, David Cameron a immédiatement demandé au ministre de l'Intérieur Theresa May de convoquer une réunion du Comité Cobra, en présence notamment du ministre de la Défense et des responsables des services de sécurité.

A l'issue de la réunion de crise qui a duré une petit heure, le 10 Downing Street a confirmé dans un communiqué laconique que "tout indiquait qu'il s'agissait d'un attentat terroriste".

Le texte précise que la sécurité avait été renforcée à la caserne de Woolwich et dans toutes les casernes londoniennes.

Le Palais de Buckingham a par ailleurs fait savoir que la reine Elizabeth se tenait informée, ajoutant au sentiment d'un drame national.

Le premier à donner des indications sur l'agression avait été en milieu d'après-midi le député de Woolwich et Greenwich, Nick Raynsford. "Nous pensons que la victime est un soldat", avait-il déclaré aux journalistes accourus sur place, alors que des cordons de police bouclaient le quartier.

"La police se devait d'intervenir pour essayer d'arrêter ces individus", a commenté le député.

Scotland Yard s'est contenté de confirmer que des policiers avaient fait usage de leurs armes pour neutraliser deux suspects du meurtre d'un inconnu, qui ont été admis dans deux hôpitaux londoniens distincts. Selon les témoins, les deux agresseurs n'ont à aucun moment cherché à fuir les lieux de leur crime, et se sont avancés, menaçants, vers les renforts de police à leur arrivée.

Scotland Yard a aussi appelé au calme les résidents de Woolwich, qui a longtemps abrité un arsenal royal et une Académie Militaire Royale.

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