Solastalgie ou de plutôt prise de conscience corporelle ?

<span class="credit">BERKO85 via Getty Images</span> <span class="caption">"Il est beaucoup question depuis quelques temps d’éco-anxiété ou de solastalgie. Mais il existe aussi ce que le prospectiviste Philippe Cahen appelle l’“angoisse culturelle". (Photo d'illustration BERKO85 via Getty Images)</span>
BERKO85 via Getty Images "Il est beaucoup question depuis quelques temps d’éco-anxiété ou de solastalgie. Mais il existe aussi ce que le prospectiviste Philippe Cahen appelle l’“angoisse culturelle". (Photo d'illustration BERKO85 via Getty Images)

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Bienvenue dans ce problème devenu endémique, quand on le croyait apanage réservé de la gent académique.

PSYCHOLOGIE - Avant que le néologisme de solastalgie se banalise. Peut-être tenons-nous un remède à courts termes et inscrit en nous, pour agir sur des phénomènes à longs termes et présents, partout autour de nous. L’humanité change quand elle a (trop) mal. Plus loin, vous établirez peut-être un parallèle avec ce que nous inflige et nous renvoie exactement notre terre nourricière. En lisant ces lignes, il est possible que vous ressentiez même un inconfort comme le ressent une personne touchée par la solastalgie.

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Vous n’êtes pas tant malades que mû par une prise de conscience en réalité. Bienvenue dans ce problème devenu endémique, quand on le croyait apanage réservé de la gent académique. Vous rejoignez enfin les climatologues, nivologues, prévisionnistes qui s’époumonent depuis 40 ans pour certains, sur le fait qu’on va manquer d’air… Et du reste.

Ressentir ce que la nature ressent

Avec une revendication comparable à nos scientifiques, vous exprimez des sentiments mêlés de colère, tristesse, frustration, d’impuissance, de peur qui sait. Ceci atteste en réalité autant de l’état de la nature que de votre nature propre. Vous savez, cette symbiose littérale, relayée par les professionnels du bien-être et des disciplines corporelles. Eh bien nous y sommes, vous êtes enfin symbiotiques de votre environnement qui vous fait comprendre intrinsèquement son dérèglement. Si vous préférez, vous ressentez ce que votre environnement ressent. Alors certes c’est impressionnant, ça va nécessiter un travail sur nous. On parle d’approche thérapeutique pour endiguer ces désagréments, ça prend carrément un langage médical à l’extrême. Mais si vous réagissez avec beaucoup de sensibilité, recevez une bénédiction laïque. Car cela peut aussi vouloir dire que vous possédez les capacités d’un rebond. À une condition, prendre soin de vous, en vous reconsidérant. Il s’agira peut-être d’entrer dans une relation d’aide le temps de redimensionner cette plainte criante. Pour des personnes isolées dans leurs difficultés, on relate des cas pouvant conduire à la psychiatrie.

Avec une gravité plus relative, dans l’examen pathologique, l’éco-anxiété voit sa nomination au rang de source de la prise de substance addictive, de stress, d’anxiété, de dépression possible et d’adoption de comportements à risques. L’homme en dysharmonie ou baigné dans un environnement délétère, reste symbiotique et plonge dans la souffrance.

L’éco-anxiété « n’est pas du buzz »

Peut-on parler ici encore d’hypersensibilité corrélée au constat de la nature qui se débine ? Si c’est un philosophe australien, Glenn Albrecht, qui a donné son nom à la solastalgie avec le mérite d’une explication salutaire, nous ne perdons pas de temps à présenter les choses plus poétiquement pour continuer de donner du sens, en disant que nous souffrons d’observer et ressentir à l’intérieur, la nature qui nous abandonne. Plus prosaïquement, et pour être aussi émotionnel, ce mal ressenti devient parfaitement sensoriel et donc identifiable.

C’est par ce biais que les personnes touchées dans leur chair, de ce qui nous arrive, peuvent envisager de transformer leurs symptômes anxieux dans une approche typique, du champ de la résolution émotionnelle. Tout le reste a été dit. Pour paraphraser l’ex-ministre de la transition écologique Christophe Béchu, l’éco-anxiété « n’est pas du buzz », non, elle devient ici un levier d’adaptation à nos conditions de vies futures, pour lesquelles nos émotions, elles au moins, ne sont pas une fatalité, mais bien une ressource inépuisable.

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