Ces soignants de l'Hôpital public en grève pourraient à contrecœur rejoindre le privé

Matthieu Balu

HÔPITAL - La tentation grandit à mesure que les moyens s’amenuisent. Alors que des milliers de soignants manifestaient leur ras-le-bol ce jeudi14 novembre à Paris, certains se demandent si leur avenir n’est pas ailleurs. Qu’ils soient médecins, infirmiers ou aide-soignants, bien que déchirant, le choix de l’hôpital privé est de plus en plus attractif, comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo en tête de cet article.

“Les médecins partent travailler là où ils ont les moyens de travailler”, résume ainsi Justin, interne. “Les denrées de bases manquent” à l’hôpital public, et le stress du personnel hospitalier ne fait lui qu’augmenter. Même son de cloche chez Christine, jeune neuroradiologue: “On négocie tous les jours pour avoir plus d’infirmières, de secrétaires...quand on est fatigués physiquement et psychologiquement, on y pense [à partir dans le privé]”.

Les conditions d’exercices dégradées, des salaires insuffisants dans certaines spécialités sont les difficultés qui mènent le personnel soignant vers la sortie du système public. Même si tous expriment un profond déchirement à l’idée de peut-être partir pour une clinique, malgré les moyens supplémentaires offerts.  “On apprend notre métier à l’hôpital, on rêve d’y soigner les gens [...], quelle que soit leur mutuelle, leur revenu, leur statut” explique Christine. 

Tous, dans le personnel en colère, n’envisagent pas pour autant de quitter l’hôpital public. Pour certains, souvent les plus expérimentés, c’est une limite à ne pas franchir, même lorsque la situation est aussi précaire. “Je ne suis pas là pour faire du fric” s’insurge Alex, infirmière. “Les rats ne quittent pas le navire. Si je suis là aujourd’hui, c’est pour défendre ma fonction hospitalière”. 

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