Sofiane Bennacer accusé de viols : les producteurs des "Amandiers" rejettent tout "scandale" ou "omerta"

La réalisatrice Valéria Bruni-Tedeschi, l'acteur Sofiane Bennacer et l'actrice Nadia Tereszkiewicz - LOIC VENANCE / AFP
La réalisatrice Valéria Bruni-Tedeschi, l'acteur Sofiane Bennacer et l'actrice Nadia Tereszkiewicz - LOIC VENANCE / AFP

L'acteur Sofiane Bennacer est mis en examen pour des faits de viols et violences. Les producteurs du film de Valéria Bruni-Tedeschi assurent avoir découvert les accusations après le début du tournage.

Patrick Sobelman et Alexandra Henochsberg, les producteurs du film Les Amandiers dont l'acteur Sofiane Bennacer est mis en examen pour des faits de viols et violences, ont assuré vendredi que la production ne savait rien de ces faits avant de l'engager. "À aucun moment la production ne savait avant de l'engager et à aucun moment la production n'a orchestré la moindre omerta pour faire en sorte que rien ne sorte de cette histoire", a assuré vendredi matin sur France Inter Patrick Sobelman.

Dans un communiqué cosigné avec Alexandra Henochsberg, et publié dans la foulée, il ajoute avoir eu vent d'une rumeur au printemps 2021, et d'avoir demandé confirmation auprès de Stanislas Nordey, directeur du Théâtre national de Strasbourg (TNS), où l'un des faits se serait déroulé.

"Il pouvait se retrouver contre nous"

"À la question directe que nous lui posons [...] la réponse est 'non' et le mot viol n'est jamais prononcé par lui." L'acteur ayant été choisi par la réalisatrice, "rien ne justifiait de nous opposer [...] sur le seul fondement d'une rumeur", précise le texte.

C'est une fois le tournage commencé, "deux jours après", qu'ils découvrent qu'une plainte pour viol a été déposée contre Sofiane Bennacer, "mais que celui-ci n'avait jamais été entendu et qu'aucune enquête n'avait été ouverte". "Nous en informons alors la réalisatrice. Mettant en avant la présomption d'innocence, celle-ci n'envisage pas de continuer le film sans ce comédien", indiquent les producteurs.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Ils assurent alors n'avoir pas d'autre choix que de continuer avec lui. "À ce stade, rien dans le droit du travail ne nous permet de justifier son licenciement, il pourrait se retrouver contre nous." Une réunion sur le plateau est organisée et Valéria Bruni-Tedeschi propose "à ceux que la situation rend mal à l'aise de quitter le tournage sans aucune pression ni conséquence", expliquent les deux producteurs.

Des mesures de protection mises en place

Mais selon Libération, le tournage s'est déroulé dans un climat "d'omerta". Des accusations battues en brèche par les producteurs, qui estiment avoir "essayé de faire de [leur] mieux en prenant en charge une situation extrêmement complexe avec l'appareil législatif à notre disposition, à savoir non seulement le droit du travail mais la présomption d'innocence qui protège l'accès aux plaintes, empêche la discrimination à l'embauche."

Sur le plateau, des mesures de protection de l'équipe contre le harcèlement et les violences sexuelles ont été mises en place, "comme les règles du CNC le requièrent", précisent les deux producteurs. L'association 50/50, dont le but est de promouvoir l'égalité des femmes et des hommes, est prévenue et recommande à la production "de bien sécuriser le plateau".

"Nous avons été présents tous les jours sur le plateau, nous avons veillé avec toute l'équipe de production avec beaucoup d'attention à la sécurité de celui-ci, il ne s'est jamais produit d'incident (de même lors des répétitions) sur le plateau, hors plateau et cela pendant toute la durée du tournage", insistent Patrick Sobelman et Alexandra Henochsberg, pour qui "il n'y a pas de 'scandale' des Amandiers". "Maintenant nous attendons que la justice instruise l'affaire de Sofiane Bennacer."

Film encensé par la critique

Valéria Bruni-Tedeschi a dénoncé vendredi un "lynchage médiatique" après la parution de l'enquête de Libération sur Sofiane Bennacer. "À ce jour tout le monde sait qu'il n'a pas été jugé, et un tel procédé relève, selon moi, d'un pur lynchage médiatique, procédé très éloigné d'une volonté d'informer de façon objective et impartiale", a écrit la réalisatrice dans un communiqué.

Celle qui serait la "compagne" de l'acteur, selon Libération et Le Parisien, confirme avoir eu "connaissance" des "rumeurs" dont faisait l'objet le jeune acteur pendant le tournage.

Révélation du dernier film de Valeria Bruni-Tedeschi, Sofiane Bennacer, 25 ans, qui clame son innocence, fait l'objet de plusieurs mises en examen. Deux pour des faits de viols sur deux ex-compagnes ainsi qu'une troisième "mise en examen pour violences sur conjoint".

Dans le cadre d'une quatrième plainte déposée par une autre ex-compagne qui dénonçait des faits de viol, Sofiane Bennacer a été placé sous le statut plus favorable de témoin assisté.

Le TNS, où il avait été admis, avait saisi le ministère de la Culture pour des faits "de violences sexistes, sexuelles et de harcèlement". Le ministère avait ensuite fait un signalement à la justice, a indiqué la procureure, sans préciser la date. Encensé par la critique, le film Les Amandiers a réalisé plus de 100 000 entrées depuis sa sortie le 16 novembre.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Sofiane Bennacer accusé de "viols et violences" : Valeria Bruni-Tedeschi sort du silence face au "lynchage" de son compagnon