La société allemande de paiement en ligne Wirecard dépose le bilan

Une semaine après le début du scandale Wirecard en Allemagne, les événements se précipitent. La société de paiement en ligne a annoncé le 25 juin son dépôt de bilan après qu'on a appris la semaine dernière que des fraudes avaient conduit à une impasse financière de 1,9 milliard d'euros dans le budget de la société. 

De notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

Jamais une descente aux enfers n’aura été aussi rapide pour une entreprise cotée au Dax, l’indice de l’élite boursière allemande. Une semaine après le début du scandale Wirecard, la société de paiements en ligne, autrefois la coqueluche des investisseurs, dépose son bilan en raison d’une « menace d’insolvabilité et de surendettement ».

Un euphémisme puisque près de deux milliards d’euros qui figuraient au bilan de l’entreprise ont disparu. Le cours de l’entreprise à la bourse de Francfort a perdu 90% de sa valeur. Depuis une semaine, les rebondissements s’enchaînent après qu’un cabinet d’audit a découvert le pot aux roses. Le PDG de l’entreprise a démissionné avant d’être arrêté puis relâché sous caution. Le parquet de Munich a ouvert une procédure contre Markus Braun et trois autres responsables de Wirecard. L’avenir de l’entreprise qui compte 6 000 salariés et 26 succursales dans le monde est sur la sellette.

Ce scandale entache aussi la réputation de l’Allemagne et pose de nombreuses questions sur les faiblesses des mécanismes de contrôle des dirigeants d’entreprise. Le ministre des Finances, Olaf Scholz, a critiqué mardi 23 juin l’autorité de surveillance des marchés financiers et évoqué un possible durcissement de la législation.