Un soap et au lit : « Dallas » entre bétail et pétrole

Par Fabrice Dupreuilh
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« Dallas »
« Dallas »

Deux coups de feu. Il aura suffi de deux petits coups de feu pour faire de la série Dallas un phénomène de société. Nous sommes alors en avril 1980. Diffusé sur CBS, le feuilleton conclut sa troisième saison et occupe, pépère, la 6e place des séries les plus regardées outre-Atlantique. Dans la dernière scène du 54e épisode, JR. Ewing (Larry Hagman), l'infâme héros de ce soap de prime time, travaille tard dans le bureau qu'il occupe au sein de la Ewing Oil, l'entreprise pétrolière prospère de papa. Lorsqu'un mystérieux personnage filmé en caméra subjective lui tire dessus à deux reprises. L'insubmersible JR. s'effondre. Les grosses lettres jaunes du générique le laissent au sol, entre la vie et la mort. C'est un triomphe : Dallas vient de donner ses lettres de noblesse au cliffhanger, ce procédé narratif consistant à arrêter le récit à un moment crucial pour fidéliser le public.

Qui a tiré sur JR. ? Aux États-Unis, pendant l'été 1980, la question éclipse toute autre actu au point que Jimmy Carter et Ronald Reagan, en pleine course à la présidentielle, sont contraints de s'en emparer pour attirer l'attention de la presse. Les républicains vont jusqu'à produire des pin's affirmant qu'un démocrate a tiré sur JR. En novembre de la même année, THE réponse tombe enfin : Kristin Shepard (Mary Crosby), la belle-s?ur de JR., passe aux aveux devant près de 83 millions d'Américains réunis devant leurs écrans, dépassant le record jusqu'alors détenu depuis 1967 par le d [...] Lire la suite