SNCF : une grève historique pour rien

A l’appel de Sud Rail, manifestation le 11 juin entre l’Assemblée et le Sénat, à la veille de la "journée de la colère cheminote".

Face à la réforme ferroviaire, les syndicats poursuivent le mouvement en pointillé sans obtenir de concessions majeures du gouvernement. Mardi, le taux de grévistes recensé par la direction était en augmentation par rapport à la semaine dernière.

Les cheminots ont fait les comptes. Leur mouvement contre le projet de réforme ferroviaire, entamé le 3 avril à raison de deux jours sur cinq jours, dépasse cette semaine les 30 journées et –fait rare– l’unité syndicale tient. Le record de durée de 1995 est battu. Si la mobilisation est en dents de scie, elle reste forte chez les conducteurs (de 40 à 50% de grévistes). «Moins les salaires sont élevés, plus c’est compliqué de continuer. Moi, je peux me permettre de ne pas travailler un mois sans que cela change ma vie», explique l’un d’eux, dont la fiche de paie plafonne à 1200 euros (au lieu de 2800 euros). Une cagnotte en ligne a reçu plus de 36 600 dons, cumulant 1,24 million d’euros (dont 1,9% prélevé par le site). La somme a commencé à être redistribuée aux grévistes qui sollicitent aussi les caisses locales. Celle de Saint-Lazare a ainsi été abondée par les voyageurs lors de petits déjeuners donnés par les cheminots.

Bien qu’historique, cette mobilisation, qui a coûté 400 millions d’euros à la SNCF (gestes commerciaux compris), ne porte guère ses fruits. Le gouvernement a certes ajouté quelques dispositions dans le texte de loi répondant aux demandes des syndicats réformistes, l’Unsa et la CFDT, mais n’a rien cédé sur les principaux motifs de mécontentement comme l’extinction du statut, la transformation de la SNCF en société anonyme ou l’ouverture à la concurrence.

Poursuivre la grève sous une autre forme

Alors que le texte a été voté au Sénat le 5 juin, y compris par l’essentiel du groupe LR, et qu’il revient à l’Assemblée, le gouvernement est sur le point de faire adopter la loi. «La méthode des syndicats a consisté à apprendre à se passer du train», juge la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

Reportage :(...)


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