La SNCF chiffre à 400 millions d'euros l'impact du mouvement de grève

LA SNCF CHIFFRE À 400 MILLIONS D'EUROS L'IMPACT DU MOUVEMENT DE GRÈVE

PARIS (Reuters) - Le mouvement de grève contre la réforme du système des retraites a provoqué à ce stade un manque à gagner de 400 millions d'euros pour la SNCF, annonce le patron de la compagnie ferroviaire française, Jean-Pierre Farandou, dans un entretien au Monde publié mardi.

"Le conflit n'est pas terminé, et il est encore trop tôt pour faire le bilan complet du coût pour l’entreprise de ce conflit", prévient le président du directoire de la SNCF. "Ce que nous savons, c’est que nos estimations de perte de 20 millions d’euros de recettes par jour sont de bons ordres de grandeur."

"Donc, au bout de vingt jours, on est à 400 millions d’euros de chiffre d’affaires qui n’aura pas été réalisé dans la période. C’est déjà une somme considérable", ajoute-t-il. "Les comptes 2019 seront fortement impactés par ce conflit, d’autant plus qu’on n’est pas encore au bout du décompte des conséquences économiques".

Le réseau SNCF est fortement perturbé depuis le 5 décembre et le début du mouvement de contestation du projet gouvernemental de réforme du système des retraites qui prévoit de fusionner les 42 régimes existants en un régime universel par points.

Si l'Unsa-Ferroviaire a appelé à une pause pendant les vacances scolaires, la CGT-Cheminots, Sud-Rail et la CFDT-Cheminots ont eux poursuivi le mouvement, entraînant d'importantes perturbations à la veille du réveillon de Noël.

Ce mardi, seuls deux TGV sur cinq et quatre TER sur dix circulaient en moyenne.

La SNCF prévoit pour mercredi, jour de Noël, une circulation encore "fortement perturbée" sur son réseau, avec notamment un TGV sur trois en moyenne, trois TER sur dix et, en Île-de-France, un Transilien sur six. Le trafic sera perturbé sur les liaisons internationales et très perturbé sur les liaisons intercités.

"Aujourd’hui, nos prévisions nous laissent penser que le service du week-end prochain sera amélioré par rapport à celui du week-end passé", estime Jean-Pierre Farandou dans les colonnes du Monde. "Nous avons eu des reprises de travail ces jours derniers, et on assiste à une décrue lente mais régulière des taux de grévistes".

"On est aujourd’hui à moins de 50% des conducteurs en grève, moins de 30 % des contrôleurs, autour de 10% des aiguilleurs", ajoute-t-il. "J’ai, du coup, bon espoir que, début janvier, on puisse enregistrer une nouvelle amélioration."


(Marine Pennetier, édité par Nicolas Delame et Henri-Pierre André)