SNCF: avant le vote à l'Assemblée les syndicats dénoncent un passage "en force"

Des cheminots grévistes manifestent à Marseille le 13 avril 2018

Paris (France) (AFP) - A la veille du vote sur le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire à l'Assemblée nationale, les syndicats de cheminots dénoncent lundi un passage "en force" et réaffirment leur détermination, le quatrième épisode de grève devant débuter mardi soir.

"Le gouvernement franchit en force la première étape de son processus parlementaire", a déploré la CGT-Cheminots, 1ère force syndicale à la SNCF, dans un communiqué.

La CGT appelle en conséquence à un "très haut niveau" de grève mercredi et jeudi, pour "imposer l'arrêt du processus parlementaire" et "arracher de véritables négociations". "La victoire est à notre portée", écrit le syndicat, en rappelant également la journée de mobilisation interprofessionnelle de jeudi à l'initiative de la CGT et de Solidaires.

Pour la CFDT Cheminots, "la méthode du président" Emmanuel Macron est "plus encline au passage en force et à la surenchère qu'à la négociation", a-t-elle également critiqué dans un communiqué.

L'organisation a formulé vingt propositions d'amendements, rappelle-t-elle, et "seules trois ont été actées favorablement", "après un mois de concertations sans réponses très argumentées". Vendredi, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, avait malgré tout salué de "premières avancées".

Pour SUD Rail, les amendements au texte de loi vont globalement "au contraire, dans le sens d'une dégradation et aggravation encore plus manifeste". "Notamment sur le côté modernisation sociale du secteur", ou "nouveau pacte social dans l'entreprise, on recule plus qu'on avance", s'est insurgé Erik Meyer auprès de l'AFP.

SUD-Rail prévoit de manifester mardi midi devant le ministère des Transports, où des réunions bilatérales sur "la modernisation sociale et la contractualisation dans le secteur ferroviaire" sont prévues.

La confirmation par Emmanuel Macron dimanche d'une reprise progressive d'une partie de la dette de la SNCF par l'État à partir du 1er janvier 2020 n'a par ailleurs pas convaincu. Cette dette devrait alors atteindre une cinquantaine de milliards d'euros.

"Il n'y a aucun engagement ferme", s'est méfié M. Meyer, ni "chiffré" ni "précis" sur le calendrier. Selon lui, Emmanuel Macron essaie "vainement" de "désamorcer les choses".

"La reprise partielle de la dette ?et progressivement? entame la crédibilité de cette réforme", a déploré la CFDT.

Pour Laurent Brun (CGT-Cheminots), "la revendication", c'est "la reprise de la dette en totalité", a-t-il souligné sur LCI, sans quoi l'État ne fera "que maintenir la tête hors de l'eau" à la future entreprise qui devrait remplacer la SNCF.

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