Snapchat ne veut plus promouvoir Donald Trump «incitant à la violence raciale»

Le réseau social Snapchat, très prisé des jeunes, a accusé ce mercredi 3 juin le président américain Donald Trump d'inciter à la « violence raciale » et a indiqué ne plus faire la promotion de ses messages sur sa page Discover.

Snapchat ne fera plus la promotion des messages de Donald Trump. Ceux-ci resteront toutefois visibles aux abonnés à son compte et apparaîtront quand un usager fait une recherche spécifique. « Nous n'allons pas amplifier des voix qui incitent à la violence raciale et à l'injustice en faisant leur promotion gratuite sur Discover », le fil d'info du réseau social où les utilisateurs peuvent trouver les nouveautés, les recommandations ou encore les publications de médias ou de personnalités connues, a précisé l'entreprise.

Snapchat rejoint ainsi Twitter qui a placé des avertissements sur les messages que le président américain envoie à ses plus de 81 millions d'abonnés. L'un concernait la fraude électorale que Twitter estimait être de la désinformation et l'autre pouvait laisser penser que le président appelait à faire feu sur des pilleurs. Les deux réseaux ont toutefois choisi de ne pas bannir totalement Donald Trump.

Ce dernier a très mal pris les initiatives de Twitter, profitant de son audience sur le réseau pour dénoncer ce qu'il perçoit comme de la censure et une confirmation d'un biais de gauche et anti parti républicain. La campagne présidentielle pour sa réélection a d'ailleurs rapidement publié un communiqué accusant Snapchat de vouloir « truquer » le scrutin du 3 novembre.

L'annonce de Snapchat, tout comme celle de Twitter, survient alors que des centaines de milliers de personnes manifestent depuis plus d'une semaine dans tout le pays contre les violences policières faites aux minorités visibles et en particulier à la population noire. La mort de George Floyd, asphyxié par un policier alors qu'il était menotté et ne présentait aucune résistance, fin mai a été l'élément déclencheur de ces manifestations dans un pays déjà frappé d'une pandémie qui y a fait plus de 100 000 morts et mis au chômage des dizaines de millions de personnes.

Contrairement à Twitter ou désormais Snapchat, Facebook a choisi de ne pas signaler ou censurer de quelque manière que ce soit les messages du président américain. Une décision assumée par Mark Zuckerberg, le dirigeant et fondateur du premier réseau social au monde, mais critiquée très publiquement par une partie du personnel de l'entreprise.

(Avec AFP)