Les smartphones dans les poches, dangereux pour la santé? Ce que dit l'Anses

L'Anses recommande de mieux vérifier la puissance des ondes émises par les smartphones (DAS) quand ils sont portés dans une poche près du corps.
L'Anses recommande de mieux vérifier la puissance des ondes émises par les smartphones (DAS) quand ils sont portés dans une poche près du corps. (Photo: KristinaJovanovic via Getty Images)

SANTÉ - Les ondes électromagnétiques ont-elles un impact sur notre santé? Alors que près de sept milliards de téléphones, dont trois milliards de smartphones, sont aujourd’hui utilisés dans le monde, la question est sur de nombreuses lèvres.

La majorité des études n’a pas trouvé de preuve claire pour l’Homme, mais un impact limité ne peut pas être totalement évacué. Il appartient donc aux agences sanitaires de se positionner sur la question, en vertu du principe de précaution. L’Anses, l’agence française de sécurité sanitaire, a ainsi publié ce lundi 21 octobre un nouveau rapport sur la question.

Après avoir conclu à une absence d’impact avéré sur la santé malgré des effets biologiques en 2013 et un possible impact cognitif sur les enfants en 2016 (mais qui pourrait être en partie attribuable à l’utilisation du téléphone plutôt qu’aux ondes), l’agence s’est penchée depuis 2017 sur un usage particulier, mais très répandu: le fait de laisser un smartphone pendant de nombreuses heures près du corps, par exemple dans une poche de veste.

Le DAS dans le viseur

Les pouvoirs publics avaient notamment chargé l’Anses de vérifier si le dépassement des nouvelles normes de DAS, mises en place ces dernières années, comportait un possible risque. Le DAS, ou débit d’absorption spécifique, indique la quantité d’énergie transportée par les ondes électromagnétiques émises par un smartphone notamment qui est absorbée par le corps humain. Actuellement, la limite pour la tête et le tronc (si votre téléphone est collé à l’oreille ou dans votre poche de veste) est de 2 W/kg.

Après avoir analysé une soixantaine de publications scientifiques, l’agence recommande un encadrement plus strict pour les fabricants dont les téléphones dépasseraient les limites de DAS, avec une mise à jour ou un rappel des appareils concernés. L’Anses recommande aussi de durcir les normes de mesure en vigueur.

Une décision qui tient avant tout du principe de précaution: seules des “preuves limitées” d’un possible impact sur l’activité cérébrale (parfois positif) ont pu être établies. Sur les autres effets, y compris les risques de cancer, il est impossible de conclure à l’existence ou non d’un effet des ondes électromagnétiques dans ce type d’usages, rapporte l’Anses.

Les preuves et leur absence

Les études scientifiques sur l’impact des ondes prises en compte ont été réalisées soit sur des rongeurs, soit sur des cellules humaines, in vitro. Qu’a retenu l’Anses?

Que des preuves limitées concluent à un effet des ondes sur l’activité des synapses (qui connectent les neurones), l’activité et la plasticité cérébrale. Un effet limité a également été trouvé sur l’autophagie pour les jeunes animaux, la “déchetterie des cellules”. Enfin, un effet sur la maladie d’Alzheimer a été trouvé... avec une amélioration des performances cognitives.

Pour tout le reste (effet cancérogène et autres sur la santé), aucune preuve n’a pu être établie. Aucune étude ne portant directement sur des êtres humains, il faut bien se dire que ces preuves ne veulent pas dire qu’il y a vraiment un impact.

De plus, la valeur du DAS mesurée en laboratoire est en générale censée représenter un cas maximal d’exposition théorique, “qui ne devrait en pratique jamais être atteint”, précise l’Anses dans son rapport. Dans ces tests, les animaux voient également leur corps entier exposé à un DAS supérieur à la limite fixée en France pour une exposition localisée. Ainsi, les études de l’Anses ont étudié l’impact d’un rayonnement équivalent à 2W/kg ou plus sur l’ensemble de l’animal. La limite pour l’homme “corps entier” est de 0,08 W/kg.

 Des normes de plus en plus strictes

Pour autant, en vertu du principe de précaution, l’Anses estime qu’il faut mieux prévenir que guérir. Actuellement, la norme est de 2 W/kg pour le DAS “tronc”. Mais il y a plusieurs choses qui devraient être améliorées, estime l’agence.

Pour faire simple, le DAS était auparavant mesuré différemment, avec un calcul de la distance entre le portable et le corps qui n’est plus adapté aux nouveaux usages. En 2016, une nouvelle norme a rendu plus strictes ces mesures. Cela veut dire que les smartphones récents émettent encore moins d’ondes qu’auparavant.

Dans les analyses réalisées par l’Anses et l’ANFR (l’agence qui contrôle l’utilisation des radiofréquences), les experts se sont rendu compte que les téléphones antérieurs dépassaient cette limite de 2 W/kg. L’agence sanitaire recommande donc que “des mesures soient prises” pour que ces expositions diminuent. Si le gouvernement suit cet avis, cela veut dire que les constructeurs pourraient être obligés d’agir. Soit en faisant une mise à jour de l’appareil afin de limiter son émission d’ondes, soit en procédant à un rappel du téléphone.

Et pour aller encore plus loin, l’Anses aimerait également que les futures normes soient encore plus restrictives. Actuellement, le DAS est mesuré en plaçant un smartphone à 5mm du corps. L’agence estime qu’il faudrait maintenant tester le DAS en le collant totalement au corps.

“Dans l’attente, l’Agence invite les utilisateurs de ces téléphones, lorsqu’ils sont portés près du corps , à se conformer aux modalités d’utilisation notamment les distances d’éloignement mentionnées dans les notices des téléphones”, précise le rapport.

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