En Slovénie, Emmanuel Macron met la question de la défense européenne sur la table

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À la demande d'Emmanuel Macron, le partenariat avec les États-Unis était au menu hier soir du dîner entre les chefs d’État et de gouvernement de l’UE, réunis en Slovénie pour un sommet informel consacré à l'élargissement aux six pays des Balkans occidentaux.

Emmanuel Macron a mis le sujet sur la table, lui qui n'a toujours pas digéré l'annulation de la vente de sous-marins français à l'Australie au profit de Washington. Le président français veut une Europe plus forte et plus unie face aux États-Unis. Il a appelé ses homologues à « tirer les leçons des récentes crises », à savoir le départ chaotique des troupes américains d'Afghanistan et l'accord stratégique Aukus conclu entre les États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni dans la région Indo-Pacifique.

Le président français a appelé les Européens à rester « lucides » et à « sortir de la naïveté » face aux nouveaux choix stratégiques des États-Unis, tournés vers leur rivalité avec la Chine.

« Agissons de manière concrète »

Le débat a été « long » et « utile », ont témoigné plusieurs dirigeants. « Il nous a aidés à progresser vers une unité plus forte sur le plan international », s'est félicité le président du Conseil européen Charles Michel, tandis que Clément Beaune, le secrétaire d'État auprès des Affaires européennes, saluait « une large convergence » des 27 sur cette nécessité.

« L’idée n’est pas d’opposer l’Otan à la future défense européenne », répète-t-il, manière de rassurer les Pays baltes attachés à l’Alliance transatlantique. Le ton offensif de Paris fait tousser certains pays européens, notamment nordiques et baltes, qui ne veulent surtout pas envoyer des signaux négatifs à Washington afin de préserver la relation transatlantique et l'Otan, essentiels selon eux, notamment face à la Russie.

« Franchement, il faut dépasser ces oppositions et ces contradictions qui nous ont bloqués dans des débats européens un peu ésotériques ou un peu théoriques, insiste Clément Beaune. Quand on parle cybersécurité, quand on parle engagement au Sahel, nous avons près de dix pays européens qui sont à nos côtés, dans la Task Force des forces spéciales Takuba par exemple. Tout cela s’articule bien. Sortons des débats un peu théoriques et agissons de manière concrète. »

Pas de déclaration commune

Mais Emmanuel Macron va devoir batailler dans les prochains mois pour que l'Europe décide de renforcer son autonomie militaire face aux États-Unis. La discussion est en effet restée générale et n'a pas abordé les questions très complexes liées à la construction d'une véritable défense européenne, un projet qui peine à grandir près de 30 ans après son lancement par le traité de Maastricht de 1992.

Bien que le dîner se soit prolongé tard dans la nuit, il n'y a donc pas eu de déclaration commune à l'issue. Les Vingt-Sept n’allaient pas se mettre d’accord si vite sur cet immense chantier. L'Élysée ne l'espérait pas, indique notre envoyé spécial, Julien Chavanne. L’essentiel pour Emmanuel Macron était de poser le dossier sur la table de l’UE, de prouver que, pour lui, la page de la crise des sous-marins n’était pas tournée. Dans trois mois, le chef de l’État prendra la tête de l’Union européenne. Le compte à rebours est lancé. Le président français ne ratera aucune occasion d’afficher ses priorités, quitte à paraître parfois isolé.

► À lire aussi : Balkans occidentaux: un sommet pour faire patienter des pays en quête d’une adhésion à l’UE

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