Ski: Feuz et Clarey, à chacun son exploit sur la Streif

Robin GREMMEL
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Exploits majeurs sur la Streif. Le Suisse Beat Feuz a inscrit son nom pour la deuxième fois en trois jours au prestigieux palmarès de la descente de Kitzbühel (Autriche), où le Français Johan Clarey, deuxième, est devenu le premier quadragénaire sur un podium de Coupe du monde.

Dans cette course repoussée d'un jour en raison de la météo, Feuz a devancé Clarey de 17/100 et l'Autrichien Matthias Mayer de 38/100.

Les cloches de l'Église gothique de Kitzbühel sonnent jusque dans l'aire d'arrivée, où l'absence de public à cause de la crise sanitaire les rend audible.

"It may be the Devil or it may be the Lord but you're gotta have to serve somebody" (le Diable ou le Seigneur, tu dois servir quelqu'un), chante Bob Dylan dans la sono.

Le Diable c'est cette piste indomptable, la plus réputée et la plus dangereuse du monde, entre ses dévers, ses virages impossibles et ses sauts qui ont envoyé le Suisse Urs Kryenbühl à l'hôpital vendredi.

Le Seigneur c'est le Suisse Beat Feuz. Le meilleur descendeur des dernières années (triple tenant du globe de la spécialité) au physique massif et rondelet unique sur le circuit, a de nouveau dominé une piste qui a mis du temps à s'offrir à lui (quatre deuxièmes places avant cette année).

"C'est assez incroyable. L'an passé encore tout le monde se demandait quand Beat Feuz allait enfin gagner et finalement ça arrive deux fois cette année", s'est réjoui le Suisse âgé de 33 ans.

- "Très fier de ma carrière" -

Comme vendredi, il a "découpé" comme personne le bas du parcours et ses derniers pièges pour devancer d'un souffle Johan Clarey qui, comme lui et quelques uns des premiers dossards, a pu profiter d'un bref rayon de soleil perçant les nuages du Tyrol, un coup de pouce du destin.

Monstrueux dans les deux premiers tiers du parcours, imprenable dans les parties plus simples de "glisse", le vétéran français, son avance petit à petit grignotée par le Suisse, a hoché la tête de déception au passage de Feuz sur la ligne.

La première victoire en Coupe du monde de Clarey n'est pas encore pour cette fois, lui qui signe son huitième podium, le troisième à Kitzbühel (3e de la descente en 2017, 2e du super-G en 2019).

"J'ai eu des bonnes conditions, mais honnêtement je fais un très bon run. C'est juste que Beat Feuz a été supersonique sur la dernière section, il ne me manque pas grand-chose pour aller chercher le Graal", a-t-il expliqué.

"Peut-être que je ne gagnerai jamais, mais je suis très fier de ma carrière".

- 3e podium consécutif pour Mayer -

Mais le Français pourra se consoler en devenant le premier skieur à monter sur un podium du circuit mondial à plus de 40 ans, qu'il a fêtés le 8 janvier, d'habitude un âge où l'on ménage ses vieux os plutôt que de les balancer à plus de 140 km/h sur une glace retorse avec des planches au pied.

Et ce, alors qu'il était lourdement tombé à l'entraînement jeudi à la réception du dernier saut.

"Je suis dans mes meilleures années maintenant, je ne peux pas l'expliquer. On me demande beaucoup pourquoi, comment... Ce n'est pas facile tous les jours, mais j'ai toujours autant la passion", a-t-il ajouté.

Derrière lui Matthias Mayer a obtenu son troisième podium consécutif à Kitzbühel après sa victoire en 2020 et sa deuxième place vendredi.

Matthieu Bailet a réussi un nouveau top-10 (9e) après sa septième place vendredi. Nils Allègre est 19e, Maxence Muzaton 21e, Nicolas Raffort 25e et Brice Roger 27e.

Le Suisse Marco Odermatt (10e) a réussi le premier top-10 de sa carrière en descente et se rapproche à 251 points du leader du général Alexis Pinturault, qui rejoint lundi les spécialistes de la vitesse pour le super-G.

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