Six mois de prison avec sursis requis contre le maire de Metz François Grosdidier

François Grosdidier  - AFP
François Grosdidier - AFP

Mis en examen en février 2021, le maire de Metz, François Grosdidier, comparaissait ce mardi devant le tribunal correctionnel d'Épinal pour prise illégale d'intérêts.

Six mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende ont été requis à l'encontre du maire de Metz François Grosdidier (ex-LR), mardi devant le tribunal correctionnel d'Epinal, pour une affaire de "prise illégale d'intérêts" remontant à 2011. La décision a été mise en délibéré au 7 février.

François Grosdidier est poursuivi pour avoir versé en 2011, alors qu'il était député, une subvention de 160.000 euros avec les fonds de sa réserve parlementaire à l'association Valeurs Ecologie, qu'il présidait depuis 2009.

Mardi les débats ont surtout porté sur l'usage de cette réserve parlementaire (supprimée en 2017), "pratique discrétionnaire et tolérée, qui ne reposait sur aucun texte mais qui était encadrée", a souligné le procureur de la République, Frédéric Nahon.

François Grosdidier a assuré avoir eu le sentiment à l'époque de "favoriser une cause qui lui semblait d'intérêt général plutôt que son intérêt personnel".

L'analyse des comptes de l'association n'a fait apparaître aucun mouvement de fonds le favorisant. Le maire de Metz a ajouté s'être "enquis auprès du cabinet du ministre de savoir (s'il) pouvait être accusé de conflit d'intérêts". "On m'avait assuré que non, si j'avais su je n'aurais pas demandé la subvention, ou j'aurais quitté la présidence de l'association", a-t-il insisté.

"Aucune peine d'inéligibilité" n'a été demandée

À ce sujet, le procureur a cependant relevé "qu'aucune trace de ces demandes de vérifications n'existe".

À la sortie de l'audience, l'élu a relevé "deux motifs de satisfaction": "il est établi et confirmé qu'il n'y a aucun détournement public, ni aucun enrichissement". Et par ailleurs, même si les réquisitions lui ont paru "injustes ou, pour le moins, disproportionnées", François Grosdidier note que "aucune peine d'inéligibilité" n'a été demandée, "alors que c'était le but de la plainte de mes adversaires".

"Nous avons eu l'impression d'assister davantage au procès de la réserve parlementaire qu'au nôtre", a-t-il conclu alors que la trésorière de l'association Valeurs Ecologie était également renvoyée à ses côtés, pour "recel de prise illégale d'intérêts".

La Cour de cassation avait cassé le non-lieu en juin 2018 et renvoyé cette affaire devant la chambre de l'instruction de Nancy. François Grosdidier a ensuite été mis en examen en février 2021 et renvoyé en correctionnelle en août 2021.

Article original publié sur BFMTV.com

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