En "situation d'urgence", le transport aérien a "désespérément" besoin d'argent, selon l'IATA

EN "SITUATION D'URGENCE", LE TRANSPORT AÉRIEN A "DÉSESPÉRÉMENT" BESOIN D'ARGENT, SELON L'IATA

LONDRES (Reuters) - Les compagnies aériennes sont dans une situation d'urgence et ont besoin immédiatement d'un plan de soutien "à plein régime", a déclaré mardi le président-directeur général de l'Association internationale du transport aérien (IATA), Alexandre de Juniac, l'évaluant à 200 milliards de dollars d'argent public (185 milliards d'euros environ).

"Nous avons à l'évidence besoin d'une action massive très rapidement et de toute urgence", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à distance.

"Une crise de liquidité se précipite sur nous à pleine vitesse: zéro recettes et des coûts toujours (sur nos comptes), nous avons donc désespérément besoin d'argent."

Il a ajouté qu'il comprenait que les gouvernements accompagnent de conditions les plans de renflouement mais a demandé à ce que les critères soient simples pour que l'aide puisse être rapidement débloquée.

"Nous voulons un plan de soutien avec des conditions minimales et une vitesse maximale", a-t-il plaidé, soulignant que les compagnies aériennes jouent un rôle crucial dans la préservation des chaînes mondiales d'approvisionnement.

Le chiffre d'affaires mondial du secteur aérien devrait baisser de 250 milliards de dollars cette année en raison de la pandémie de coronavirus, et les compagnies européennes semblent les plus exposées à des défaillances, a estimé pour sa part le chef économiste de l'Association internationale du transport aérien (IATA), qui représente quelque 280 compagnies à travers le monde.

Si ce chiffre se confirme, il représentera un plongeon de 44% par rapport à l'année 2019.

La crise, a poursuivi Brian Pearce, affecte aussi bien les grandes compagnies aériennes que les petites.

Signe de l'accélération de la pandémie, le chef économiste de l'IATA a précisé que l'aggravation de la situation avait balayé les scénarios les plus noirs dressés il y a deux semaines seulement sur les perspectives de recettes des compagnies aériennes.

Et qu'il faudra sans doute six mois une fois la crise sanitaire passée pour que les compagnies se redressent.


(Sarah Young; version française Henri-Pierre André, édité par ...)