Singapour: le rappeur Subhas Nair, qui accuse les autorités de racisme, risque la prison

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Le jeune rappeur risque jusqu'à trois ans de prison, une forte amende ou les deux, s'il est jugé coupable.

Un rappeur singapourien d'origine indienne, qui avait dénoncé le "racisme" des autorités singapouriennes, risque une peine de prison après avoir été accusé lundi de provoquer des divisions entre les communautés de la cité-Etat d'Asie du Sud-Est.

Le gouvernement de Singapour promeut la cohabitation pacifique des communautés ethniques et religieuses qui forment sa population de 5,5 millions d'habitants, mais certains estiment que la majorité d'origine chinoise est privilégiée.

Au cours d'une audience devant un tribunal lundi, le rappeur Subhas Nair a écopé de quatre chefs d'accusation en lien avec des faits datant de 2019 à 2021. Le jeune homme de 29 ans avait suggéré sur les réseaux sociaux qu'un Singapourien d'origine chinoise, impliqué dans la mort d'un compatriote d'origine indienne, avait été traité moins sévèrement par les autorités en raison de son ethnicité.

Dans d'autres commentaires sur Instagram, le rappeur a estimé que les chrétiens d'origine chinoise coupables d'appels à la haine étaient traités de façon plus clémente à Singapour que les musulmans.

Il risque jusqu'à trois ans de prison

Subhas Nair est aussi poursuivi pour une vidéo de rap datant de 2019 dans laquelle il critique un acteur d'origine chinoise qui s'était grimé pour représenter un Indien dans une publicité.

La police avait déjà donné un avertissement au musicien et à sa soeur Preetipls, une comédienne connue à Singapour, qui se produisait à ses côtés dans la vidéo.

Le jeune rappeur risque jusqu'à trois ans de prison, une forte amende ou les deux, s'il est jugé coupable.

Avant l'audience, la police a indiqué que les allégations selon lesquelles "les forces de l'ordre accordent un traitement différent basé sur la religion ou la race sont sans fondement et risquent de saper l'harmonie religieuse et raciale à Singapour".

Le rappeur est apparu devant le tribunal aux côtés de sa soeur, vêtu d'un T-shirt montrant le visage d'un Malaisien condamné à mort pour trafic de drogue à Singapour, et qui doit être exécuté prochainement.

Singapour, dont la population est en majorité d'origine chinoise, abrite d'importantes communautés malaise musulmane et indienne. Le pays a des lois très strictes contre tout ce qui pourrait créer des tensions raciales ou religieuses.

Article original publié sur BFMTV.com

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