Signal d’alarme

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La logique, les mathématiques, l’histoire, la géographie électorale et les analyses des meilleurs experts de la mécanique frontiste - bref, la raison - voudraient que Marine Le Pen ne soit pas la prochaine présidente de la République. Mais personne ne prendra le pari de la raison. Tous les baromètres dont on dispose pour mesurer l’étiage de la candidate la situent à des niveaux exceptionnels : les reporters sur le terrain, comme les sondeurs, sentent monter la colère, s’ancrer le ras-le-bol et l’envie irrésistible d’exprimer leur rage contre «le système». Ses électeurs ont beau commencer à connaître l’envers peu reluisant du parti d’extrême droite, ils sont de plus en plus nombreux à assumer ou à s’en foutre. Faut-il pencher du côté de la raison et parier sur la solidité du «plafond de verre», ou se mettre en mode signal d’alarme, avec les victoires plus ou moins inattendues du Brexit et de Trump dans un coin de la tête ? Les adversaires de Marine Le Pen parient sur le premier en jouant sur le registre du second. Tactiquement, Mélenchon, Hamon, Macron, Fillon ont raison. Si Marine Le Pen confirme dans les urnes son poids sondagier, ou le dépasse, il n’y a plus qu’une place en finale. Se parer alors des habits du vote utile dès le premier tour en se posant comme les meilleurs remparts à Le Pen leur assure une victoire plus certaine qu’un duel droite-gauche plus classique. Mais que la tactique est grossière, puérile et dangereuse. Grossière : jouer sur les peurs ne fait justement plus peur. Il serait temps que les candidats s’en rendent compte, culpabiliser les électeurs ne sert à rien. Puéril : sérieusement, accuser l’autre d’un «ton programme est un marchepied pour le FN», qui peut croire que cela pourrait marcher ? Dangereux : dans une équation à multiples inconnues, tenir pour certain qu’il existera en mai un vote républicain est un pari risqué qu’un politique responsable ne devrait plus prendre. En 2017, en le remettant sans cesse au centre du jeu, les partis (...)

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