«Le sida a fait progresser le respect dû au malade»

Libération.fr

Interne au début des années 80, le Pr Gilles Pialoux raconte comment le VIH est devenu, en trois décennies, une maladie «comme les autres», tout en alertant sur les actuels ratés dans le dépistage.

Hôpital Tenon, à Paris, le 21 février. Rendez-vous est pris avec Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses et tropicales, spécialiste du sida et chroniqueur santé à Libé dans les années 80 sous le pseudo de «Gilles Pial». Je suis d’origine afghane et diplômé en microbiologie de l’université Azad de la ville de Jahrom, en Iran. Dans le cadre de mon activité en laboratoire, j’ai fait des recherches sur les maladies infectieuses comme l’hépatite et le sida. Où en est l’épidémie en France ? Comment les malades sont-ils pris en charge ? En Iran et en Afghanistan, les porteurs du HIV sont considérés comme des délinquants sexuels, jugés coupables de relations «illégitimes» telles que l’adultère ou l’homosexualité. Ils sont exclus. Cela pousse les malades à ne pas se soigner, au risque de contaminer d’autres personnes.

«Ségrégation». «Ici, nous suivons 3 000 patients infectés par le virus. En France, 150 000 personnes vivent avec le sida. La moitié d’entre elles habitent à Paris. Nous faisons partie des gros centres de soins», explique le Pr Pialoux, qui qualifie cette maladie de «singulière» : «C’est d’abord une pathologie nouvelle. Sa visibilité a seulement trente-cinq ans. Nous, les médecins qui avons des cheveux blancs, on s’en souvient. Je suis arrivé ici en 1983, comme interne. J’ai vu mon premier patient du sida au moment où on découvrait le virus. J’ai connu les années noires d’avant la trithérapie, en 1996. Il y avait un décès tous les trois jours, environ 120 morts par an. Actuellement, il y a douze décès annuels, c’est dix fois moins. Aujourd’hui, pour les infirmières qui n’ont pas vécu les années sombres, le sida est une maladie comme les autres. » Mais, explique-t-il, cette maladie est spécifique, car «à la fois publique et très privée. Le premier (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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