"Sic transit gloria mundi" : la chronique de Teresa Cremisi

Colbert a été nettoyé. Je suis allée vérifier : quelques heures après le taggage et les grosses taches rouge sang, tout était revenu comme avant et Colbert bien propre, assis avec trois autres compères devant l'Assemblée nationale, regardait au loin, dans le vide. Notre président avait dit il y a dix jours : "La République n'effacera […] aucun nom […]. Elle ne déboulonnera pas de statues." C'est à cela que je voudrais réagir par quelques réflexions.

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Les monuments : un symbole

Depuis toujours, les hommes élèvent des monuments (statues, bas-reliefs, temples, etc.) pour affirmer leur appartenance à l'idéologie de leur époque. On construit avec fierté et on dédie des lieux afin de célébrer le présent ou les idées dominantes. Juger de l'opportunité dans l'espace public de la statue d'un personnage non contemporain est un exercice inutile. D'ailleurs, en général on passe devant le grand homme du passé sans le voir et sans le reconnaître.

La destruction : une soupape

Exiger la disparition d'une statue, l'insulter, la taguer, la décapiter, la brûler… relève à la fois d'une confiance magique dans les symboles et d'une foi proclamée dans le progrès. On détruit l'image d'une ignominie parce que l'on veut que le futur "ne soit plus jamais comme avant". Or sur tous les continents et depuis la nuit des temps, on marche sur un cimetière de monuments : d'abord élevés à la gloire de dieux ou héros nation...


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