L'aphantasie, ce trouble étrange qui touche 2% de la population

Johanna Amselem
·3 min de lecture
Woman watching a scary horror movie on tv late at night, she is frightened and hiding under the blanket

Les chercheurs ont mesuré les niveaux de transpiration des participants alors qu'ils écoutaient des histoires effrayantes.

Si pour vous, il est très simple de visualiser des choses dans votre tête, pour d’autres c’est impossible. Ces personnes souffrent d’aphantasie c’est-à-dire qu’elles sont incapables de se représenter une image qu’elles n’ont pas directement sous les yeux. Ce syndrome neurologique, qui touche environ 2 % de la population, pourrait également avoir d’autres répercussions.

Selon une nouvelle étude, ces personnes sont plus difficiles à effrayer avec des histoires d'horreur. Ces conclusions ont été publiées dans Proceedings of the Royal Society B. Pour analyser la réaction de 46 personnes, les chercheurs ont voulu voir comment elles réagissaient à la lecture de certains scénarios éprouvants comme un requin qui s'approche, une personne qui tombe d’une falaise, un avion sur le point de s’écraser, etc. Autant de scénarios catastrophes qui ont permis aux chercheurs de mesurer physiquement le niveau de peur de chaque participant. Pour cela, ils ont mesuré à quel point l’histoire faisait transpirer grâce à des électrodes fixées directement sur la peau.

Selon les résultats, les histoires effrayantes n’ont que peu d’effets chez ceux qui ne parviennent pas à s’imaginer la scène. "Nous avons trouvé les preuves les plus solides à ce jour que l'imagerie mentale joue un rôle clé dans la liaison des pensées et des émotions. Dans toutes nos recherches à ce jour, c'est de loin la plus grande différence que nous ayons trouvée entre les personnes atteintes d'aphantasie et le reste de la population", a dévoilé le professeur Joel Pearson, auteur principal du document et directeur du Future Minds Lab de l'UNSW Science.

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"L'imagerie est un amplificateur de pensée émotionnelle"

Lors de cette étude, les scientifiques ont ensuite quitté la pièce et ont éteint la lumière. Ils ont ainsi laissé les participants seuls alors qu'une histoire commençait à apparaître sur l'écran. "Les niveaux de conductivité cutanée ont rapidement commencé à augmenter pour les personnes capables de visualiser les histoires. Plus les histoires continuaient, plus leur peau réagissait. Mais pour les personnes atteintes d'aphantasie, les niveaux de conductivité cutanée sont assez plats", a expliqué l’auteur de l’étude.

Afin de comparer les réactions entre les aphantasiques et les autres, les chercheurs ont répété la même expérience grâce à une série d'images effrayantes au lieu de texte. "Ces deux séries de résultats suggèrent que l'aphantasie n'est pas liée à une émotion réduite en général, mais est spécifique aux participants qui lisent des histoires effrayantes. La réaction de peur émotionnelle était présente lorsque les participants ont réellement vu la scène se dérouler devant eux. Les résultats suggèrent que l'imagerie est un amplificateur de pensée émotionnelle. Nous pouvons penser à toutes sortes de choses, mais sans imagerie, les pensées ne connaîtront pas ce boom émotionnel", a résumé le professeur Pearson.

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