Sexualité toxique : “La sexualité peut être toxique pour la santé mentale alors que la relation ne l’est pas”

Katia Rimbert
·Journaliste
·3 min de lecture

Sexualité et santé mentale ne font malheureusement pas toujours bon ménage. Et cela reste encore un sujet tabou. Si tabou qu’il n’existe pas réellement de terme pour définir ce mal-être, qui peut avoir de graves conséquences psychologiques. Pour palier cela, l’étudiante sage-femme Amal Tahir a créé un mot : la sexualité toxique. Elle explique ce concept à Yahoo.

On parle de relation toxique, dans laquelle l’un des partenaires est malheureux et n’arrive pas à s’épanouir, ou encore de masculinité toxique, concept selon lequel l’homme devrait être viril et dominant et donc ne pas montrer ses émotions par exemple. Mais avez-vous déjà entendu parler de sexualité toxique ? Ce mot a été inventé par Amal Tahir, une étudiante sage-femme qui vient de sortir le livre Bien dans ma tête, bien dans ma culotte (éd. Kiwi).

Quand le sexe nuit à la santé mentale

Sur son compte Instagram @inside.women, la jeune femme explique qu’elle voulait définir concrètement le lien entre santé mentale et vie sexuelle. “Je définis la sexualité toxique en partie par le fait qu’il s’installe un rapport de domination dans la sexualité entre deux personnes”, écrit-elle sur le réseau social en opposant ce terme à la sexualité positive.

On a toujours tendance à croire que le sexe est le reflet de la relation alors que pas du tout.

Selon elle, l’un.e des partenaires met son plaisir sexuel en avant au détriment des envies et besoins de l’autre. L’autre personne peut alors simuler un orgasme de façon plus ou moins récurrente voire ne jamais jouir pendant un rapport sexuel, sans jamais remettre cela en question.

Interrogée par Yahoo, l’autrice révèle comment elle en est arrivé à mettre en lumière ce concept : “Je me suis rendu compte qu’on pouvait être en couple avec quelqu’un et se sentir très bien dans son couple, mais que la sexualité pouvait être toxique alors que la relation ne l’est pas. On ne divise pas assez ces deux domaines. On a toujours tendance à croire que le sexe est le reflet de la relation alors que pas du tout. Parfois, c’est carrément deux salles, deux ambiances.

En te forçant, ta santé mentale en paye les conséquences de jour en jour.

Les sentiments sont alors radicalement différents de ce qui se passe sous la couette. “On aime quelqu’un, ça se passe super bien, mais au niveau de la sexualité il y a un certain décalage. On fait tout pour flatter l’ego de l’autre, on pense toujours à l’autre d’abord et on n’ose pas dire nos préférences ni s’affirmer”, nous explique-t-elle.

Un phénomène pas toujours volontaire

Sur Instagram, la jeune femme affirme que ce “ce rapport de force malsain au lit” peut être dirigé volontairement par un.e seul.e partenaire - et dans ce cas “installer une certaine ‘peur’” - mais aussi venir des deux personnes qui composent le couple, sans forcément que cela soit conscient. “Les deux personnes ensemble ne se comprennent pas, elles n’arrivent pas à se découvrir, à vivre de façon comblée. Dans ce cas, la sexualité devient toxique car tu n’es pas bien à l’intérieur de toi, mais en te forçant, ta santé mentale en paye les conséquences de jour en jour.”

Mais alors, comment s’en sortir ? Selon l’étudiante, il existe “différents degrés” dans la sexualité toxique. Si une simple discussion ou une remise en question peut solutionner le problème, ce type de rapport peut aussi avoir de graves conséquences psychologiques. Le cas échéant, il est important de se tourner vers un spécialiste. Une rupture pourrait peut-être se révéler indispensable afin de fuir la personne et de se reconstruire.

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