Existe-t-il un "sexe neutre": la Cour de cassation va trancher

La Cour de cassation s'est penchée sur la reconnaissance légale de deux parents français, dans le cas d'enfants nés d'une mère porteuse à l'étranger. Aujourd'hui, seul le père est désigné "parent", le droit français considérant la femme qui accouche comme l'unique mère, empêchant à un enfant né d'une GPA d'avoir une mère d'"intention".

Né il y a 65 ans "sans pénis ni vagin", dépourvu de "gonades" (organes reproducteurs), "testicules ou ovaires", Gaëtan [prénom d'emprunt], veut "que soit reconnu" ce qu'il est "depuis la naissance". C'est à dire, une personne de sexe neutre.

Et ce mardi, la Cour de cassation se penche sur son dossier. En première instance, il avait obtenu gain de cause, avant d'être déboutée en appel. 

"Quand je me regarde nu dans un miroir, le matin ou le soir, je vois bien que je n'appartiens pas au monde des hommes ni à celui des femmes".

Une différence qui ne lui pose "pas de problème", quand bien même elle lui a fortement compliqué l'existence. A 6 ans, des médecins pratiquent sur lui une "exploration intestinale" en quête d'attributs sexuels, "sans rien trouver".

"Etre reconnu comme ce que je suis"

Jusqu'à l'âge de 35 ans son apparence est androgyne, mais plutôt féminine, jusqu'à ce qu'il suive un traitement hormonal à base de testostérone afin notamment de prévenir l'ostéoporose. Quelques années plus tard, il se marie, puis adopte avec sa femme un enfant.

"Je l'ai dit à mon fils quand il avait 17 ans. Il l'a très bien accepté, il n'y a eu aucun problème", raconte-t-il. La voie judiciaire s'est avérée plus chaotique. En août 2015, un juge aux affaires familiales de Tours, sa ville de naissance, accepte que la mention "sexe neutre" figure sur son état civil. Une première en France.

Mars 2016, la cour...

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