Severodonetsk occupée, embargo sur le pétrole russe: la situation au 97e jour de guerre en Ukraine

Un homme se tient devant les corps exhumés de civils d'une habitation du village de Stepanky, près de Kharkiv, en Ukraine, le 11 mai 2022 - Sergey BOBOK - AFP
Un homme se tient devant les corps exhumés de civils d'une habitation du village de Stepanky, près de Kharkiv, en Ukraine, le 11 mai 2022 - Sergey BOBOK - AFP

Guerre militaire et économique. Alors que les 27 se sont mis d'accord sur un embargo du pétrole russe, Moscou avance ses pions en Ukraine et se focalise désormais autour de Severodonetsk. Ce mardi soir, les autorités ukrainiennes reconnaissent avoir quasiment perdu la ville. Récit d'un nouveau jour de guerre en Europe.

• La "majeure partie" de Severodonetsk sous contrôle russe

Le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï a annnoncé que "la majeure partie" de Severodonetsk, ville-clé de l'est de l'Ukraine en proie à de violents combats entre Russes et Ukrainiens, est désormais sous contrôle de l'armée russe. Il a également estimé que la ville était "détruite à 90%"

Malgré une situation de plus en plus compliquée pour les soldats ukrainiens face à la poussée russe, "nos militaires ne seront pas encerclés", a-t-il assuré dans son intervention. "Nos soldats sont sur la défensive mais tiennent leurs positions", a-t-il encore fait valoir.

Le gouverneur régional a également affirmé qu'il n'y avait "désormais aucune possibilité de quitter Severodonetsk", les combats étant trop dangereux pour permettre une quelconque évacuation de civils. Un "réservoir d'acide nitrique" d'une usine chimique de Severodonetsk a par ailleurs été "touché" mardi par une frappe russe.

• Deux soldats russes condamnés pour des bombardements

Un tribunal ukrainien a condamné à 11 ans et demi de prison deux soldats russes accusés d'avoir bombardé au lance-missile multiple deux villages dans la région de Kharkiv, dans l'est du pays, au premier jour de l'invasion.

Alexandre Bobykine et et Alexandre Ivanov ont été reconnus coupables de "violation des lois et coutumes de la guerre", à l'issue d'un procès qui avait commencé mi-mai près de la ville de Poltava, a annoncé le parquet général d'Ukraine sur Telegram. Selon le parquet, les deux accusés ont "totalement reconnu leur culpabilité".

Les deux soldats, un conducteur-chargeur et un artilleur, étaient accusés d'avoir tiré le 24 février, à l'aide de lance-missiles multiple "Grad" depuis la région de Belgorod en Russie, sur des "infrastructures critiques et des immeubles d'habitation" des villages de Kozatchia Lopan et une école à Veterynarné, dans la région de Kharkiv.

• Accord des 27 pour réduire leurs importations de pétrole russe

Les dirigeants des 27 pays de l'UE ont trouvé un accord lundi qui devrait permettre de réduire de quelque 90% leurs importations de pétrole russe d'ici la fin de l'année afin de tarir le financement de la guerre menée par Moscou en Ukraine.

Cet embargo sur le pétrole brut dans les 6 mois et les produits raffinés dans les 8 mois est la mesure phare mais aussi la plus épineuse du sixième paquet de sanctions contre la Russie qui était bloqué jusqu'à présent par la Hongrie.

Les chefs d'État et de gouvernement réunis en sommet à Bruxelles ont donné leur feu vert à un arrêt progressif des importations de pétrole russe transporté par bateau, soit les 2/3 des achats européens. Une exemption temporaire a été prévue pour le pétrole acheminé par oléoduc, afin de lever le veto de Budapest.

• Nouvelles réactions après la mort de Frédéric Leclerc-Imhoff

Emmanuel Macron a renouvelé ses condoléances ce mardi à la famille de notre journaliste Frédéric Leclerc-Imhoff, tué lundi après avoir été victime d'un éclat d'obus en Ukraine.

Au lendemain du journaliste reporter d'images pour BFMTV, sa mère a également tenu à réagir publiquement pour répondre à un leader séparatiste de la République populaire de Lougantsk (RPL) dont l'agence de presse russe Tass a relayé les propos - il assurait que Frédéric Leclerc-Imhoff n'était pas journaliste, mais "mercenaire engagé dans la livraison d'armes aux forces armées".

Étienne de Poncins, l'ambassadeur de France en Ukraine, a quant à lui indiqué sur BFMTV que "deux enquêtes ont été ouverte à la suite de la mort du journaliste, "une en France [...] une également en Ukraine sous l'autorité de la procureure générale pour crime de guerre".

"Nous travaillons déjà à faire toute la lumière sur cet acte odieux", a assuré le diplomate sur notre antenne, indiquant que le corps du journaliste sera rapatrié en France "dans les meilleurs délais"

• "Quelques milliers" d'affaires de crimes de guerre présumés dans le Donbass

La justice ukrainienne a identifié "quelques milliers" d'affaires de crimes de guerre présumés dans le Donbass, a déclaré mardi sa procureure générale en visite à La Haye, alors que les forces russes progressent dans cette région de l'est, leur priorité stratégique.

"Nous avons identifié quelques milliers d'affaires sur ce que nous voyons dans le Donbass", a déclaré la procureure générale ukrainienne Iryna Venediktova lors d'une conférence de presse dans la ville de La Haye, aux Pays-Bas, où elle a rencontré plusieurs homologues internationaux.

Elle a précisé qu'il s'agissait notamment de soupçons de transferts de personnes, des adultes mais aussi possiblement des enfants, dans différentes parties de la Fédération de Russie. Mais cela peut aussi concerner des tortures de gens, des meurtres de civils et des destructions d'infrastructures civiles, a-t-elle ajouté.

Article original publié sur BFMTV.com

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